L’éveil du département au bois dormant

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Beaucoup d’étonnement, quelques grimaces, mais pas de levée de boucliers. L’annonce, jeudi, de la nomination de Lionel Éperon à la tête de la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP) avait de quoi soulever quelques vagues. Ce choix inattendu semble agir plutôt comme un vent frais.

Chef de la promotion économique depuis dix ans, plutôt marqué à droite et sans aucune formation pédagogique, ce haut fonctionnaire de 46 ans n’a pas le profil pressenti à ce poste. Dans le milieu enseignant, beaucoup espéraient que la nouvelle patronne du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), Cesla Amarelle, allait réveiller la maison. Les voilà servis.

C’est d’ailleurs sans états d’âme que la pragmatique ministre socialiste avait secoué le cocotier en octobre dernier, très peu de temps après sa prise de fonction, en retirant le gouvernail de ce paquebot de 37 000 jeunes des mains de Séverin Bez, controversé au sein des gymnases et peu enclin à défendre la formation professionnelle. On s’attendait logiquement à le voir remplacé par une autre personne du sérail, issue cette fois-ci de la filière professionnelle. Mais c’est l’œil neuf de Lionel Éperon qui s’est imposé parmi trente candidats, dont dix à l’interne.

«Fini le temps où un prof nuisible était déplacé d’un établissement à l’autre jusqu’à sa retraite»

Manifestement, la force de l’habitude ne dicte plus sa loi au sein du DFJC. Le ton a changé, les décisions commencent à tomber, un style de conduite se concrétise. Le licenciement avec effet immédiat, la semaine dernière, d’une maîtresse enfantine aux méthodes pédagogiques inacceptables en est aussi le signe. Fini le temps où un enseignant nuisible était déplacé d’établissement en établissement jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de débarrasser le plancher avec les honneurs. Révolue l’époque où un directeur d’école incompétent finissait sa carrière dans un placard doré au sommet de l’administration. En six mois, Cesla Amarelle a beaucoup observé, écouté, pris des notes. Ses objectifs, dit-elle, sont de plus en plus clairs. Les grands axes de sa politique de formation seront dessinés avant Pâques.

Le DFJC n’a pas fini de bouger. Heureux hasard du calendrier, de nombreux départs naturels – comme celui du directeur général de la formation obligatoire, Alain Bouquet, qui fera valoir ses droits à la retraite dans un an ou deux – permettront à Cesla Amarelle de former une équipe dirigeante qui partage sa vision. (24 heures)

Créé: 19.01.2018, 18h30

Joëlle Fabre, rédactrice en chef adjointe

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