Extinction Rebellion et l’âge de pierre

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Bien sûr, vous me direz qu’ils s’en remettront et ne sont pas à un graffiti près. Ils en ont d’ailleurs vu d’autres. Avec plus de 6000 ans au compteur, ils sont donc à l’abri de la bêtise humaine qui traverse les siècles. Les «pierres longues» de Clendy sont un peu comme tous les autres menhirs du monde. Ils ont déjà été malmenés, tronçonnés, plaqués face contre terre. Soit par le temps. Soit, déjà, par les hommes, au fil du temps, lorsqu’une croyance en chassait une autre.


Lire aussi: L'action initiale d'Extinction Rebellion laisse des traces


Il y a d’ailleurs un site mégalithique qui raconte très bien ça. À Saint-Martin-de-Corléans, dans la banlieue d’Aoste, on a notamment découvert en 1969 quelque 46 majestueuses stèles anthropomorphes. La construction d’immeubles a été stoppée et on y trouve aujourd’hui un musée qui raconte ces fouilles archéologiques. Expliquant comment ces dalles taillées et décorées avec une finesse graphique aussi hallucinante qu’émouvante ont été décapitées, abattues puis ont servi à ériger un dolmen dominant une nécropole. Avant qu’une église construite au-dessus ne prenne définitivement ses distances avec ces croyances païennes.

Alors, contre les excès du libéralisme et du grand capital qui nuisent à l’espérance de vie de la planète, Extinction, Rebellion, pourquoi pas? Chacun sa religion et ce n’est pas toujours dans la stricte légalité qu’on fait les révolutions les plus justes et, surtout, les plus efficaces. Même si, en terme de créativité anarchiste, on pourrait quand même dépasser l’âge de pierre.

«Fallait-il taguer les menhirs en rose pour marquer son territoire?»

Les XRiens en herbe disent avoir choisi ce site en mémoire de ceux qui venaient remercier la Terre de ce qu’elle leur apportait. Pourquoi pas? Mais fallait-il taguer les menhirs en rose – fût-ce temporairement – pour marquer son territoire? Ce patrimoine vaut bien mieux que cela. À ce geste foncièrement puéril les réactions ont été évidemment vulgaires. La haine a ainsi répondu à la stupidité. Digne représentation d’une époque où les réseaux sociaux clivants, communautaires, ont remplacé la place du Village, Gaulois ou pas. Chez Astérix aujourd’hui, le poissonnier vert et le forgeron climatosceptique s’insultent toujours, mais virtuellement. La morale de cette histoire ne dit pas, potion magique ou pas, ce que les druides penseraient de tout ça.

Créé: 26.11.2019, 06h49

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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