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Face aux addictions, le choc des mondes

Le panorama suisse des addictions, version 2019, ressemble à s’y méprendre à celui de l’an dernier. Et à ceux publiés précédemment. Passé l’âge de 15 ans, un quart de la population fume. Chaque habitant de ce pays consomme, en moyenne, près de 8 litres d’alcool pur par an. Et parmi le million et demi d’amateurs de jeux d’argent, ils sont 76'000 à souffrir des symptômes du jeu excessif. Rien ne change sur le terrain des dépendances.

Sur le plan politique, le constat des milieux de la prévention revient lui aussi comme une rengaine annuelle. La Suisse n’en fait pas assez pour lutter contre les ravages de la boisson, du tabac et des drogues illicites. Augmenter le prix de vente de certains produits pour les rendre moins attractifs? Pas question. Et quand le Conseil fédéral se décide à légiférer, c’est le parlement qui torpille ses efforts.

C’est ainsi que la loi sur l’alcool, qui voulait notamment interdire la vente de bière ou de spiritueux la nuit hors des bistrots, a sombré en 2015. Idem pour la restriction de la publicité pour les cigarettes, balayée en 2016. Quant à la loi sur les jeux d’argent, approuvée dans les urnes l’an dernier, elle est déjà jugée insuffisamment efficace. Les professionnels de la lutte contre les addictions ont donc beau jeu de dénoncer la toute-puissance des lobbies de l’industrie.

En réalité, ce sont deux visions de la société qui s’affrontent. D’un côté, les défenseurs de la responsabilité individuelle – et de la liberté de commerce – estiment que l’État n’a pas à dicter aux citoyens ce qui est bon ou pas pour leur santé. De l’autre, les tenants d’un interventionnisme accru affirment au contraire qu’il doit protéger la population des pratiques les plus nocives.

Si le débat s’éternise et que les projets de loi s’enlisent, c’est précisément parce que les deux positions sont irréconciliables. Reste à savoir quel camp le peuple choisira quand viendra son heure. Il devrait en avoir l’occasion en se prononçant sur une initiative populaire en passe d’aboutir, censée mettre jeunes et enfants à l’abri de «toute forme de publicité pour le tabac». Progrès notable ou hypocrisie inutile? Ce scrutin aura valeur de test.

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