Passer au contenu principal

Face à l’Europe, un sentiment d’injustice

Les balcons sont le reflet de l’Italie au temps du coronavirus. On s’y retrouve pour chanter «Bella ciao» ou «Let It Be» et des drapeaux tricolores y sont souvent accrochés. Un réflexe nationaliste né d’un sentiment d’injustice. Premier pays démocratique atteint par l’épidémie, détenant le triste record mondial de victimes, la Péninsule a été regardée avec suffisance et égoïsme pas ses voisins. Lorsqu’elle a bloqué les vols en provenance de Chine, on l’a accusée de racisme. Depuis, de nombreux pays ont fermé leurs frontières. Le 11 mars dernier, alors que le virus avait déjà fait 827 victimes dans la Péninsule, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement français, jugeait que les mesures italiennes «ne permettaient pas d’enrayer l’épidémie». Mais le coronavirus va plus vite que la politique. Peu à peu, gagnés par le Covid-19, la majorité des gouvernements occidentaux ont adopté les mêmes mesures de confinement que la Péninsule. Louée par l’OMS, la méthode italienne est devenue «le modèle».

Sans toutefois susciter la solidarité de ses proches voisins. L’Europe ne lui a pas envoyé les masques qu’elle demandait d’urgence pour protéger ses médecins et, malgré les propos généreux d’Emmanuel Macron, la France n’a accueilli aucun malade dans ses hôpitaux du sud. L’Allemagne l’a fait. Mais elle pose désormais son veto à la création de corona bonds, l’instrument financier qui permettrait de mutualiser les dettes provoquées par l’épidémie. En proposant les corona bonds, Rome ne tente pas de cacher sous le tapis ses dettes anciennes, elle demande à l’Europe de démontrer qu’elle existe face à une calamité dont Rome n’est pas responsable. En s’y opposant, la chancelière tue dans l’œuf toute possibilité de résilience économique.

Certes, Rome a commis des erreurs: manque de préparation, hésitations, gaffes de communication qui ont provoqué des exodes de population. Mais devant le tribunal de l’histoire l’Italie pourra invoquer d’avoir été le premier État démocratique à avoir affronté le coronavirus et d’avoir montré la voie.

Les dirigeants des autres pays n’auront pas cette excuse.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.