Face aux réseaux, penser aux humains

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Démanteler un réseau de traite d’êtres humains, c’est spectaculaire. Les images de la police roumaine à l’assaut d’un clan de proxénètes exploiteurs sont présentées comme les preuves d’une action efficace. Après avoir neutralisé des criminels qui emploient la violence pour extorquer l’argent gagné par de jeunes femmes aimantées par le luxe occidental, la police et la justice bombent le torse. Avec raison. Des policiers spécialisés récoltent les fruits d’un patient travail sur le terrain. La collaboration internationale amène des résultats. La coopération avec des associations de bénévoles, sur le terrain lausannois, a aussi sonné la fin de l’impunité de celles et ceux qui abusent de la situation précaire de femmes, et aussi d’hommes, venus en Suisse en quête d’une vie meilleure: une maquerelle nigériane a été condamnée, des trafiquants roumains d’êtres humains sont sous les verrous.

«Il est grand temps d’harmoniser les lois, en plaçant l’humain au centre des réflexions»

Dans l’ombre, les victimes libérées du joug de leurs bourreaux tentent de reprendre le contrôle de leur existence. À Lausanne, elles sont soutenues par une association créée en 2015, Astrée, qui a aidé 90 proies à s’en sortir. Auparavant, seules deux ou trois victimes de traite humaine, qui touche aussi des secteurs comme la domesticité, étaient identifiées chaque année. La garantie de vivre en un lieu sécurisé ainsi qu’un appui juridique et social permettent à des personnes réduites à l’esclavage d’oser saisir la justice et témoigner devant des policiers et des procureurs. Dans les pays de recrutement, des organisations se démènent aussi pour aider les victimes à retrouver leur autonomie. Ce travail est toutefois fragilisé par les incohérences politiques internationales. Les législations oscillent entre la tolérance de la prostitution, comme en Suisse et en Allemagne, et la prohibition, comme en France. Ou en Roumanie. Où des fonctionnaires peuvent se montrer méprisants envers des compatriotes parties «se vendre» dans un pays aux lois plus libérales.


À lire :Le destin douloureux des victimes des réseaux


À Lausanne, les restrictions de périmètre dans la rue fragilisent la situation des prostituées. Dans un débat fortement marqué par des contraintes morales, il est temps d’harmoniser les lois au niveau international, en plaçant les êtres humains concernés au centre des réflexions.

Créé: 08.04.2019, 06h39

Philippe Maspoli, Rubrique Vaud

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