Il faut sauver la pêche artisanale

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Imaginez que votre salaire soit diminué de moitié en deux ans, sans que vos charges baissent dans le même temps. Cette situation est celle vécue par les pêcheurs du lac de Neuchâtel. De 2016 à 2018, le volume de poissons pris dans leurs filets a diminué de plus de 50%.

Et l’année 2019 s’annonce pire, craignent-ils d’un bout à l’autre du lac. Encore un coup porté à l’économie du secteur primaire. À tel point que cette pratique ancestrale - l’homme pêche depuis plus de 40'000 ans - pourrait disparaître dans la région, si rien n’est entrepris.


Lire l'article: Affamés par le cormoran, les pêcheurs sont à bout


Les mesures à prendre? Reconstituer rapidement la faune piscicole du lac de Neuchâtel. Si, paradoxalement, la trop bonne qualité des eaux pourrait expliquer la raréfaction du poisson, les hommes du lac pointent, eux, l’expansion du glouton cormoran. Protégé dans les réserves, l’oiseau n’a aucun prédateur naturel dans le secteur. La protection de cette espèce en voie de disparition devrait aller dans les deux sens: autant il s’agissait de favoriser son retour, autant sa régulation semble désormais indispensable, quand tout un écosystème est menacé par sa présence.

«Aujourd’hui, c’est une autre profession qui lance son SOS. Une préservation de la pêche artisanale est indispensable»

«Pour le moment, ce ne sont pas les cormorans qui sont en voie de disparition, mais bien les pêcheurs», se lamente la profession. Il faudra des mois pour que les populations de poissons repartent à la hausse. En attendant, il y a urgence à débloquer des aides financières pour permettre aux pêcheurs de faire face à la mauvaise passe actuelle.

À plusieurs reprises, la Confédération a su trouver des fonds pour venir en aide aux multinationales too big to fail. Touchés par le gel, agriculteurs et viticulteurs ont aussi pu trouver du soutien. Aujourd’hui, c’est une autre profession qui lance son SOS. Une préservation de la pêche artisanale est indispensable. Il s’agit d’une tradition, d’un savoir-faire. Devoir importer tout le poisson consommé dans nos assiettes serait inconcevable, à l’heure où le climat est menacé. Exploitant une ressource naturelle de nos contrées, la pêche fournit des produits de qualité, irréprochables en termes de développement durable. (24 heures)

Créé: 12.06.2019, 06h54

Sébastien Galliker, Rubrique Vaud et Régions

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