La fiabilité des amis au cœur de l’élection

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La bataille à trois entre Olivier Français, Ada Marra et Adèle Thorens pour le second tour de l’élection au Conseil des États repose sur une question de confiance, de parole donnée dans chacun des deux camps. À dix jours du scrutin, chacun se rassure en pariant sur la fiabilité de ses amis politiques: d’un côté la fiabilité de l’UDC envers le Parti libéral-radical (PLR); et de l’autre celle des Vert·e·s envers le Parti socialiste et réciproquement.


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La droite voit dans cette élection un enjeu d’équilibre gauche-droite, plutôt que la question du destin fédéral de son sénateur. Mais une élection majoritaire est tout de même une affaire de personne. Donc, l’ancien municipal lausannois parviendra-t-il à convaincre l’électorat UDC? Il doit rattraper un retard d’environ 19'000 voix. Hors de son parti, son réservoir potentiel se compose de 41'000 électeurs (dont 27'000 UDC). En 2015, avec un stock possible de 46'000 voix hors du PLR (dont 34'000 UDC), il avait vu son score augmenter de 24'000 suffrages et était parvenu à prendre le siège de l’écologiste Luc Recordon.

«Ce 2e tour aux États repose sur une question de parole donnée, à droite et à gauche»

L’électorat de l’UDC avait joué le jeu. Mais depuis lors, les revers de l’UDC se sont accumulés. La cause est à chercher en partie dans son incapacité à convaincre l’électorat PLR, avec comme exemples les échecs de Jacques Nicolet et de Pascal Dessauges au Conseil d’État. Les dirigeants de l’UDC ne cachent plus leur rancœur, accusant le PLR de les utiliser comme marchepied.

À gauche, c’est aussi une question de confiance. Les socialistes font face à une situation inconnue jusqu’ici. Leur partenaire junior – Les Vert·e·s – a pris du volume et ses prétentions pourraient grandir. Adèle Thorens a fini à la première place aux États (400 voix devant Ada Marra) et seuls 3% séparent les deux partis au National. Or pour maximiser les chances de leurs championnes respectives, leurs électeurs peuvent être tentés de biffer le nom de l’autre moitié du duo.

Jusqu’ici les commentateurs posaient le plus souvent la question de savoir si les électeurs PLR étaient capables de faire le poing dans la poche pour voter UDC lors des différents scrutins. Cette fois-ci, c’est la résilience de l’UDC et la cohésion PS-Verts qui seront questionnées.

Créé: 31.10.2019, 06h43

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Mathieu Signorell, Rubrique Politique vaudoise

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