Passer au contenu principal

La fin du Comptoir n’est plus un tabou

Au «c’était mieux avant» risque fort de succéder un «tout fout le camp». Même si cela est impensable pour certains, le tabou est tombé: oui, le Comptoir Suisse pourrait disparaître. Et à court terme en plus. Mais non, le déclin du Comptoir n’est pas la faute des Suisses alémaniques ni celle de la Municipalité de Lausanne. C’est d’abord et surtout le résultat d’un ensemble de facteurs: création de salons spécialisés (y compris sur le site de Beaulieu), développement des comptoirs locaux et régionaux, expansion d’Internet et, au final, changement profond des habitudes de consommation de la clientèle.

----------

A lire: «Plus personne n’achète un matelas dans une foire»

----------

«Enfin», diront aussi certains, convaincus que le «truc était mort depuis longtemps». Là, par rapport à la longueur du déclin, quelques reproches peuvent effectivement être formulés: depuis plusieurs années, celles et ceux qui tentaient de faire vivre (ou survivre) l’ex-grande foire nationale (organisateurs et exposants) se plaignaient d’un manque de soutien clair de la part du monde politique. Comme si ceux qui en avaient les moyens ne croyaient plus vraiment en l’avenir de la manifestation. Sans oser l’assumer pleinement toutefois.

«Si le Comptoir Suisse disparaît, c’est tout un pan d’histoire et de culture populaire vaudoise qui disparaîtra»

Il est donc probable que, à plus ou moins court terme, il faille dire adieu aux veaux, vaches, cochons et à la couvée. Comme on avait déjà dit adieu à la grande exposition de machines agricoles, aux stands entassés dans les escaliers à l’arrière du Palais de Beaulieu, aux écuries tout en haut du site avec leur grand carré central. Comme on a dit adieu à la Bodega, puis aux caves cantonales historiques, même si elles ont finalement été relogées de manière assez réussie. Si le Comptoir Suisse disparaît, c’est tout un pan d’histoire et de culture populaire vaudoise qui disparaîtra. Un de plus dans une société en pleins bouleversements.

Alors mettons-nous à rêver. À rêver que tous les interlocuteurs se mettent autour d’une table pour organiser l’an prochain une magnifique 100e édition. Même si, pour cela, il faut annoncer que cette centième sera aussi la dernière. En souvenir d’un siècle d’achats, de verres bus, de papets engloutis ou d’animaux caressés, le Comptoir Suisse mérite mieux qu’une extinction dans l’indifférence générale.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.