Beaulieu, une fondation fragile à enfin professionnaliser

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En 2009, notre regretté confrère Daniel Audétat écrivait un article titré Où sont passés les 80 millions versés à Beaulieu en 2000? Il poursuivait: «Aujourd’hui, il faut 100 millions pour sauver le centre d’expositions et de congrès lausannois. Sollicités dans le même but, les 80 millions débloqués en 2000, à quoi ont-ils donc servi?» On y trouvait déjà les tentatives d’explication d’un certain Marc Porchet. Ce même secrétaire général de la fondation est aujourd’hui au centre de tous les soupçons, dont ceux d’avoir attribué des mandats surfacturés à des proches sans appels d’offres ni pièces justificatives.

Fallait-il raser l’ensemble comme certains le demandaient à l’époque?

À la veille de Noël, les nettoyages de printemps ont donc abouti à un véritable scandale. Un scandale qui interpelle à double titre. Il y a d’abord ce serpent de mer qu’est devenu Beaulieu. Depuis au moins 20 ans, on ne sait pas vraiment quoi faire de ce site qui répond difficilement aux différentes exigences qu’il est censé remplir au XXIe siècle. À l’échec de la tour Taoua viennent désormais s’ajouter les coûts exorbitants de certaines rénovations. Fallait-il raser l’ensemble comme d’aucuns le demandaient à l’époque? En l’absence de véritable patrimoine bâti sur le site, on peut encore se poser la question.


A lire: Beaulieu: chronique d’une débâcle financière


L’autre hic, c’est clairement celui de la gouvernance. Peut-on vraiment admettre que l’on n’ait pas audité plus tôt alors que les signes de dérapage s’accumulaient? Cela pose la question de savoir si le conseil de fondation, même avec l’appui d’un organe de révision, a les compétences, les ressources et le temps nécessaires à l’évidente mission de contrôle qui lui incombe. En ce sens, l’idée de professionnaliser la direction de telles entités de droit privé en mains des collectivités publiques, aux côtés d’édiles à l’emploi du temps visiblement surchargé par l’empilement de mandats est à saluer. Dommage que cette première réponse soit si tardive. (24 heures)

Créé: 21.12.2017, 21h33

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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