Le franc fort peut aussi être un choc salutaire

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Un gros mois après l’annonce choc de la Banque nationale suisse, les divers secteurs de l’économie nationale réagissent diversement à la forte surévaluation du franc. Une majorité d’entreprises reste encore dans l’expectative avant d’agir, jaugeant une stabilisation qui se dessine timidement, grâce notamment à des interventions ciblées de la BNS, puisque l’euro est remonté cette semaine à 1 fr. 07.

D’autres se lancent déjà dans des mesures drastiques, douloureuses et, pour tout dire, douteuses, en coupant directement dans les salaires des employés, sans la moindre concertation sociale. A croire qu’ils n’attendaient qu’une occasion pour pressurer la main-d’œuvre, et que la seule variable d’ajustement est le salaire nominal du personnel. Un court-termisme qui dément l’image d’une Suisse pragmatique et soucieuse du partenariat social.

«Penser hors du cadre habituel, adopter une approche orientée vers la satisfaction du client»

Enfin, nombreux sont les acteurs de l’économie qui prennent des mesures destinées à conserver leur clientèle, tout en travaillant en amont pour défendre marges et capacité concurrentielle. C’est le cas de la branche du commerce de détail, dont l’action rapide contraste avec l’attentisme constaté il y a sept ans. Le secteur de la vente d’automobiles suit la même tendance. D’autres encore baissent leurs prix et optimisent leurs coûts. Cette nécessaire adaptation va peser sur l’économie suisse, c’est une évidence. Mais elle pourrait s’avérer salutaire, si elle s’attaque à certaines marges indues, et si elle provoque des changements d’habitudes là où les prestataires de biens et de services ont perdu le sens du rapport entre qualité et prix.

A cet égard, la branche touristique a quelques occasions à saisir – avec l’aide des pouvoirs publics, qui peuvent en améliorer les conditions-cadres. L’enquête réalisée cette semaine par 24 heures dans les stations vaudoises montre que la marge de manœuvre économique est ténue. Celle de l’inventivité, de l’accueil, du sourire, de l’initiative collective, par contre, est immense. Penser hors du cadre habituel, envisager les problèmes dans leur globalité, adopter une approche orientée vers la satisfaction du client et la recherche de solution, quitte à transgresser des modes de faire si pratiques mais si datés… les perspectives existent. Elles n’éradiqueront pas comme par magie un taux de change compliqué. Mais elles seront un atout déterminant.

Créé: 21.02.2015, 10h38

Thierry Meyer, Rédacteur en chef (Image: Vanessa Cardoso)

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