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La gangrène qui ronge la construction

La vaste escroquerie à l’assurance-chômage que ce journal a révélée jeudi matin montre à quel point les métiers de la construction restent gangrenés par des pratiques illégales et scandaleuses. Sous les grands arbres de groupes connus qui placardent devant leurs chantiers leurs règles de bonnes pratiques, prospère un sous-bois interlope, jungle des tarifs, des conditions d’emploi, des petits arrangements avec la loi, des complicités intéressées.

Manifestement, ce système d’inspiration mafieuse n’a pas disparu, loin s’en faut. Car l’enquête menée par le Ministère public vaudois sur la fraude orchestrée entre petits patrons et collaborateurs syndicaux s’inscrit plus généralement dans un secteur où fleurissent les faillites frauduleuses et autres combines.

L’emballement du bâti, ces dernières années, conséquence du rattrapage nécessaire en matière de logements, est sans doute un terreau fertile pour les abuseurs professionnels. La masse de chantiers à suivre a certainement dépassé la capacité des diverses instances, privées ou étatiques, dont la tâche est de veiller au respect des règles.

«Il va de la responsabilité de tout le secteur de mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’éradication d’une culture de l’illégalité»

D’aucuns ne manqueront pas d’avancer un autre argument, à double face: l’ouverture des marchés publics et la libre circulation des travailleurs. Liés à une pression sur les prix bien réelle – même si la construction en Suisse reste très chère en comparaison internationale – ces deux éléments sont à prendre en compte dans l’approche du problème.

Mais d’éléments contextuels, ils ne doivent pas se muer en explications faciles. A toute situation, une réponse est possible, sans s’accommoder de fraudes. Directement ou indirectement, l’ensemble du secteur de la construction est impliqué par ces scandales. Il va de la responsabilité de tous ses acteurs, et en particulier des plus puissants, de mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’éradication de cette culture de l’illégalité. Les efforts déjà entrepris doivent être redoublés, l’affaire de cette semaine le démontre avec acuité.

C’est une nécessité urgente. Non seulement parce que de l’argent, public et privé, est détourné, ou parce que ces pratiques entretiennent une sous-caste de travailleurs illégaux, exploités et sous-payés. Mais aussi parce que la survivance de cette gangrène atteint la crédibilité de toutes les entreprises, même les plus vertueuses.

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