Le Gothard n’est qu’une étape pour le transfert modal

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«C’est en Suisse que le rêve européen a trouvé sa réalité.» A défaut d’être à l’aise dans les sondages ou avec une frange remuante de sa population, le président français François Hollande a rappelé hier à celles et ceux qui en doutaient qu’il a le sens de la formule et de la reconnaissance. Son hommage n’avait rien d’un exercice rigide; la sincérité de son admiration était palpable.

La Suisse, au cœur de l’Europe: la géographie est un fait, forcément plus têtu que la politique. Nécessité a fait tunnel: parce qu’elle voulait protéger à la fois ses intérêts économiques et la relative pureté de ses vallées, la Confédération a accepté de payer cet ouvrage hors normes qui sert au moins autant ses voisins qu’elle-même.

«Cette fois la Suisse devra compter sur l’Europe. Et pas le contraire»

Du moins en théorie. Car, en ce début de juin 2016 où s’inaugure cette nouvelle voie rapide à travers les Alpes, beaucoup (trop?) reste à faire pour que l’Europe affirme sa volonté de transférer un maximum de fret ailleurs que sur la route.

«Nous n’avons pas fait tous nos devoirs», reconnaissait au pied du Gothard Angela Merkel, prenant opportunément à témoin son ministre des Transports; l’Allemagne, si bon élève en matière d’énergies renouvelables, qui certains jours d’été produit la moitié de son électricité disponible par ses seuls panneaux solaires, est en retard dans l’accomplissement de ses lignes ferroviaires spécifiques pour les longs trains de marchandises.

Matteo Renzi, furtif visiteur d’un chantier qu’il avait eu le malheur de s’attribuer il y a quelques mois, pourrait tenir le même discours: l’Italie traîne le pas, dans le prolongement du Gothard, mais aussi vers le Simplon et donc le Lötschberg. Et la France? Sa fameuse «autoroute ferroviaire» pèse très peu face au puissant lobby routier, et le Lyon-Turin demeure un pharaon enlisé dans les sables de la contestation et des financements non assurés.

Symbole, arme diplomatique, exploit technique: le Gothard est tout cela. Il peut être encore plus, mais cette fois la Suisse devra compter sur l’Europe. Et pas le contraire.

Créé: 01.06.2016, 22h17

Thierry Meyer, rédacteur en chef (Image: Vanessa Cardoso)

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