La grosse ficelle du bouc émissaire

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Décidément, le dossier Beaulieu est pourri jusqu’au trognon. De déficits en renflouements, le Palais avait donc fini par être le théâtre d’une énorme fraude à plusieurs millions de francs, tissée par le secrétaire général historique de la fondation propriétaire. Ça, c’est ce que les autorités ont imaginé fin 2017 à la lecture d’un rapport d’audit du Contrôle des finances de la Ville de Lausanne. Audit absolument confidentiel, bien sûr.

Un nouveau scénario s’esquisse donc, et il ne brille pas par son originalité: Marc Porchet aurait servi de lampiste

Rupture de contrat, plainte pénale, conférence de presse accusatoire. Le fidèle Marc Porchet – seize ans de fonction – était donc le responsable présumé de cette gabegie. Certains observateurs tiquaient déjà: ce brave homme, un peu dépassé au fil des ans par l’ampleur grandissante des tâches qu’il devait assumer, n’avait rien d’un escroc de cette envergure. Aujourd’hui, le Ministère public confirme cette idée-là: le procureur clôt l’affaire et libère de toutes charges celui qui ne fut qu’une victime expiatoire.

N’insultons pas l’avenir: il y aura recours contre ce non-lieu et peut-être bien que Marc Porchet sera finalement reconnu coupable de quelque chose. Mais le scandale peut-il vraiment se regonfler subitement à la faveur d’une ou deux auditions ou enquêtes supplémentaires? Le Parquet a démontré que les dysfonctionnements de la fondation étaient connus des membres de son conseil. Ceux-ci validaient des choix très discutables, dans un contexte où la nécessité politique faisait loi. Beaulieu était le contre-exemple de la bonne gouvernance, et Marc Porchet un «rouage non décisionnel», selon les termes du procureur Gillard.


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Un nouveau scénario s’esquisse donc, et il ne brille pas par son originalité: Marc Porchet aurait servi de lampiste, car il n’appartenait pas à la caste des élus et des fonctionnaires, prompts à se protéger les uns les autres au moment venu du grand nettoyage. Son exécution publique a été d’une rare brutalité. La réparation de ce tort sera sans doute le prochain volet d’une piteuse saga dont aucun acteur politique ne sort grandi.

Créé: 11.07.2019, 06h35

Vincent Maendly, Rubrique Vaud & régions

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