L’imbroglio catalan continue

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Si Mariano Rajoy pensait sortir du guêpier catalan en convoquant des élections, il s’est magistralement trompé. Le résultat des urnes, jeudi, ne résout rien. Il dresse simplement la photo d’une société catalane profondément divisée, où les sensibilités se sont polarisées, pour ou contre l’indépendance. Les sécessionnistes ont gagné la majorité en sièges, les autres en voix. Rien ne change. Le résultat des élections acte au passage l’échec des partisans du dialogue, qui tentaient de rompre l’affrontement en ouvrant des débats transversaux, sur des questions sociales notamment. Les maigres résultats des socialistes du PSC ou encore de Catalunya en Comú l’attestent. Leurs efforts ont été effacés sous les enjeux d’un scrutin vécu comme puissamment émotionnel. «Dans un match Madrid- Barça, personne ne vote pour l’arbitre», anticipait il y a quelques jours Íñigo Errejón, l’un des dirigeants de Podemos.


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Mais le résultat est surtout un revers magistral pour Mariano Rajoy. En convoquant des élections immédiatement après la déclaration unilatérale d’indépendance et la mise sous tutelle des institutions régionales, il espérait prendre à contre-pied les indépendantistes, alors que ceux-ci se trouvaient dans l’impasse. La forte mobilisation des partisans de l’union avec l’Espagne a fonctionné, mais elle a attiré des votants vers Ciudadanos, son efficace rival.

Rajoy perd sur toute la ligne. Non seulement les indépendantistes vont se maintenir au pouvoir, mais le résultat est catastrophique pour le Parti populaire. Celui-ci n’a plus que trois députés en Catalogne et perd l’électorat unioniste, qui censure sa politique immobiliste face au défi sécessionniste. L’onde de choc de cette débâcle risque d’avoir des conséquences sur la politique nationale et pourrait précipiter de nouvelles élections générales. (24 heures)

Créé: 22.12.2017, 22h55

Cécile Thibaud, correspondante en Espagne

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