Un impôt pas tout à fait heureux

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Régulièrement vouée aux gémonies par les exploitants de salles de cinéma et les producteurs de spectacles, la taxe sur le divertissement – cet impôt prélevé par de nombreuses communes vaudoises sur les tickets d’entrée – revient sur le tapis dans un cadre inédit: le château de Chillon.


Lire: Chillon s’insurge contre la montée des impôts


Perché sur son îlot rocheux entre lac et montagnes, le monument le plus visité de Suisse vient de pulvériser son record, dépassant les 400'000 entrées en 2017. Ironie du sort, c’est au sommet de sa gloire que ce fleuron du tourisme helvétique présente le premier budget déficitaire de son histoire récente. Le coupable? «Veytaux!» désigne toutes griffes dehors la Fondation de Chillon. À y bien regarder, il est vrai qu’on peine à trouver des justifications objectives à la hausse drastique de la taxe décidée par le petit village de la Riviera, si ce n’est l’urgence absolue de renflouer ses propres caisses. Veytaux a si mal à ses finances qu’une hausse du taux d’imposition de 5 points était envisagée en novembre dernier. Finalement, les élus n’en ont accordé que 2, repoussant – mais pour combien de temps? – la question taboue d’une fusion avec Montreux.

«Aidé par le Canton et la Confédération, le château de Chillon refuse de devenir la vache à traire de Veytaux»

En quête d’espèces sonnantes et trébuchantes, Veytaux a même procédé à un échange de droit à bâtir avec Chavannes-près-Renens, en manque de terrain constructible. Concernant Chillon, on pourrait admettre que Veytaux ait une certaine légitimité à prélever son écot sur les entrées de milliers de touristes étrangers, pour autant que ses contribuables financent le château. Ce n’est pas le cas, ou si peu. Veytaux donne 2000 francs par an, du bois de ses forêts pour les grandes cheminées, quelques sapins de Noël et des rouleaux de sacs-poubelles non taxés. Une paille en regard des 330'000 francs de subventions accordés par le Canton et la Confédération. Dans ce contexte, on peut comprendre que Chillon, autofinancé à 90%, refuse de devenir la vache à traire de Veytaux. Toute l’aide financière qui lui est accordée est désormais engloutie par le vorace village aux abois. (24 heures)

Créé: 02.02.2018, 00h12

Joëlle Fabre, rédactrice en chef adjointe

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