L’informatique à l’école mérite un débat de fond

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L’école vaudoise se prépare à entrer de plain-pied dans l’ère digitale. C’est le grand thème de la rentrée dans ce canton réputé pour son conservatisme prudent en la matière. La nouvelle ministre de la Formation, la socialiste Cesla Amarelle, en fait l’une de ses priorités. En pleine campagne pour le Conseil fédéral, les libéraux-radicaux vaudois et leur candidate Isabelle Moret entendent favoriser la digitalisation de la société, notamment par l’apprentissage. Ils rejoignent des revendications clamées la semaine dernière par les patrons vaudois.

«La culture numérique touche à la maîtrise d’un nouveau langage et au développement d’une vision critique»

La culture numérique ne se borne pas aux outils informatiques. Elle touche à la maîtrise d’un nouveau langage, à la compréhension de mécanismes cachés, au développement d’un schéma de pensée et d’une vision critique. L’école, qui n’a jamais cessé d’adapter ses programmes pour refléter l’évolution de la société, a toutes les raisons de relever ce nouveau défi. Et toutes les raisons de s’interroger sur les moyens d’y parvenir. Faut-il mettre l’accent sur les outils bureautiques ou les contenus en ligne, sur la programmation ou la prévention des dangers du digital? A quel niveau introduire ces notions? Avec quelle dotation horaire et au détriment de quelles branches? Et comment concilier cet apprentissage avec une autre réalité préoccupante: la surexposition des enfants aux écrans.


A lire: A l’école vaudoise, on apprend déjà à coder


Depuis 2015, les écoliers vaudois n’ont plus de cours d’informatique: les outils numériques doivent être utilisés dans le cadre des autres disciplines. Mais il est permis de douter de l’efficacité d’une consigne qui vise tout le monde, et personne en particulier, alors que les enseignants ne sont pas forcément tous versés dans cette matière et que les équipements technologiques varient selon les classes. Pour garantir une réflexion de fond sur ses contenus, l’informatique mérite d’être traitée comme une branche à part entière, dotée d’un programme, d’objectifs et du contrôle de ces objectifs.

Créé: 27.08.2017, 22h30

Laure Pingoud, cheffe de la rubrique Vaud & Régions

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