L’Italie à l’heure des promesses électorales

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Selon tous les instituts de sondage, les élections italiennes du 4 mars n’auront pas de vainqueur. Ni le Mouvement 5 étoiles, ni l’alliance de gauche guidée par le Parti démocrate, ni celle de droite dominée par Forza Italia n’obtiendra les 41% des suffrages qui, avec la nouvelle loi électorale, permettraient d’avoir une majorité au parlement. Il faudra donc s’en remettre à la mystérieuse alchimie consistant à faire naître au parlement une majorité que les urnes n’ont pas désignée. Tractations secrètes, coups de théâtre, rupture de coalition: l’exercice est fastidieux et risque de durer avant de donner vie à ce qui pourrait être une «grosse coalition» à l’italienne. En cas d’échec, il ne resterait plus au président de la République, Sergio Mattarella, qu’à nommer un gouvernement de transition, pratiquement réduit à la gestion des affaires courantes, pour changer en six mois la loi électorale avant de retourner aux urnes.

«Le risque majeur, parfois évoqué dans les chancelleries, d’un abandon volontaire de l’euro par l’Italie est conjuré»

Deux scénarios d’instabilité que l’Europe voudrait éviter à sa troisième économie. Toutefois, le risque majeur, parfois évoqué dans les chancelleries, d’un abandon volontaire de l’euro par l’Italie est conjuré. La Ligue et le Mouvement 5 étoiles, qui annonçaient vouloir quitter la monnaie commune, ont, avec des nuances, abandonné ce projet.


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Le populisme n’est pourtant pas absent de la campagne. Les cartels se sont constitués en fonction de la loi électorale mais, sans véritables projets politiques communs, ils poussent les alliés à se différencier dans la surenchère. Aucun des candidats officiels – Berlusconi, Renzi, Di Maio et Salvini – n’a la moindre chance de devenir président du Conseil. Les partis font donc campagne en distillant chaque jour des promesses sans couverture financière. Flat Tax à 15% ou 23%, avancement de l’âge du départ à la retraite, abolition des droits de succession, des taxes universitaires, de la vignette auto, de la redevance télé, revenu de citoyenneté, augmentation du minimum vieillesse… entre autres. Avec une dette publique de 2300 milliards, ces promesses bouteraient Rome hors de la zone euro aussi certainement qu’un référendum sur l’abandon de la monnaie commune. (24 heures)

Créé: 24.01.2018, 21h16

Dominique Dunglas, correspondant à Rome

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