Passer au contenu principal

Les JOJ ont réussi à décevoir en bien

----------

Le Vaudois est un être aussi mesuré qu’un déci de chasselas. Lui seul pouvait inventer l’expression «déçu en bien». Quand, en 2015, le ministre des Sports Philippe Leuba bondit de joie alors que Lausanne vient de décrocher les 3esJeux olympiques de la jeunesse, le Vaudois se montre circonspect. Combien ça va nous coûter? Combien ça va rapporter? Il n’y aura pas un chat. Il y aura trop de monde, ce sera le petchi…

A lire:«Lausanne 2020 est un vrai modèle à suivre»

Ces quatorze derniers jours, c’est le Vaudois lui-même qui a déçu en bien. Il a laissé éclater un enthousiasme peu courant. Résultat? Un carton, de la vallée de Joux aux Alpes vaudoises, et une atmosphère inédite à Lausanne, transformée en gigantesque terrain de sports. Ce succès, Lausanne 2020 le doit en large partie aux élèves – plus de 80000 – venus acclamer les jeunes athlètes. Ils repartent des lieux de compétition des images plein la tête. Les stations ne pouvaient rêver plus belle carte de visite. L’olympisme également.

«Et si Lausanne 2020 marquait un tournant dans l’image des Jeux en Suisse?»

Le vote valaisan du 10juin 2018 l’a prouvé: trop grands, trop chers, trop élitistes, les Jeux olympiques n’ont plus la cote chez nous. Le CIO essuie des critiques toujours plus vives. Sotchi et Rio ont plombé son image. Les villes candidates se font rares. Et si Lausanne 2020 marquait un tournant dans l’esprit des Suisses? La nouvelle génération s’est mobilisée depuis le 9 janvier pour prendre une part active à un événement organisé avec une rigueur tout helvétique mais empreint de simplicité. Les millions publics injectés laissent un héritage réel: des Championnats du monde de hockey en mai à Malley, une télécabine pour desservir les pistes des Diablerets en toute saison, un snowpark professionnel pour rendre à Leysin sa jeunesse rebelle… En ces temps de panique climatique, le comité d’organisation a eu le bon goût de se donner une âme verte en prônant le recours aux transports publics (qui n’annule de loin pas l’empreinte carbone générée par l’afflux en avion de 1872athlètes du monde entier).

Le CIO dissimule à peine ses intentions: il s’achète avec sa marque «JOJ» une image plus flatteuse. Rejaillira-t-elle sur les «Jeux des grands»? Les premières graines sont plantées. Les jeunes pousses suisses ont en tout cas eu la preuve qu’on pouvait voir grand mais simple.

----------

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.