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Les Kurdes, à nouveau sacrifiés

Il y a deux ans, une commandante kurde, cheveux au vent, devenait l’héroïne de l’Occident en participant à la libération de Raqqa, en Syrie. C’était en octobre 2017. Européens et Américains découvraient alors l’efficacité redoutable des unités kurdes dans la lutte contre l’État islamique. Et l’apparente modernité de leur base arrière, appelée Rojava, territoire autonome à majorité kurde, au nord de la Syrie, où l’on prône le fédéralisme, la laïcité et la parité. Un sous-traitant idéal pour les Occidentaux, qui délèguent aux Forces démocratiques syriennes, essentiellement kurdes, la bataille finale contre les dernières poches djihadistes en Syrie. Résultat: des milliers d’hommes sacrifiés côté kurde, et en prime, la gestion des prisonniers de Daech et de leurs familles. Un fardeau imposé aux Kurdes, malgré leurs appels aux pays occidentaux pour qu’ils rapatrient leurs ressortissants.

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Lire l'article: La Turquie lance son offensive contre les Kurdes syriens

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Des héros aujourd’hui sacrifiés par leurs anciens alliés. Au nom de l’isolationnisme américain: à un an de l’élection présidentielle, Donald Trump veut retirer ses derniers hommes du bourbier syrien, qu’il qualifie de «guerre interminable et tribale». Et au nom du réalisme européen: le Vieux-Continent regarde ailleurs, comme souvent avec la Turquie, ce puissant voisin qui peut à tout instant ouvrir les vannes de l’immigration. En 1988 déjà, lors de l’attaque chimique de Halabja, dans le Kurdistan irakien, les Occidentaux avaient détourné le regard, passifs face aux massacres des Kurdes ordonnés par Saddam Hussein, leur allié dans la guerre contre l’Iran.

L’Europe regarde ailleurs, comme souvent avec la Turquie, ce puissant voisin qui peut à tout instant ouvrir les vannes de l’immigration

Des Kurdes à nouveau abandonnés à leur sort. Éternels idiots utiles du Moyen-Orient. Hier valeureux combattants face à la menace djihadiste. Aujourd’hui assimilés à des terroristes pour leur soutien au PKK turc. Un peuple condamné à reprendre les armes pour défendre sa terre et son autonomie face à l’envahisseur turc. À moins d’un sursaut occidental devant le risque d’un nouvel embrasement de la Syrie et la menace d’un retour en force de l’État islamique et du régime de Bachar el-Assad.

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