Le lac, les taxis-bulles et les navettes fantômes

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Jusque-là, l’homme qui faisait voler les bateaux aura coché toutes les bonnes cases avec son projet de taxis-hydroptères sur le Léman. Électriques, les SeaBubbles d’Alain Thébault – qui se réserveront, comme il se doit, d’un clic sur smartphone – devraient être produites en plusieurs centaines d’exemplaires, suivies de navettes de soixante places, également montées sur foils. Le concept? Les surfaces aquatiques – baies, fleuves, lacs – demeurent un espace à conquérir pour des citadins avides de liaisons directes et écolos à même de court-circuiter les bouchons. L’avenir, quoi.


A lire: Pari lémanique à 250 millions sur les taxis-hydroptères de SeaBubbles


Même les sensibilités locales ne sont pas oubliées. Ces canots rechargeables n’étaient-ils pas initialement promis à Paris? Et si c’est à Genève que la flotte doit entrer en action le 31 mars, n’est-elle pas fabriquée à Écublens?

La personnalité des deux associés – l’inventeur du voilier le plus rapide du monde et la légende du windsurf Anders Bringdal – a fait le reste: ils sont en train de convaincre des financiers locaux de souffler plusieurs centaines de millions dans leurs bulles. On comprend pourquoi, à leurs yeux, la région lémanique offre un «biotope idéal».

Un biotope dans les marges duquel rouillent pourtant quelques vaisseaux fantômes. Nul besoin de remonter très loin dans le temps. Il y a dix ans, la CGN inaugurait ses navettes à turbine de 120 places entre Nyon et Genève, histoire de contourner les bouchons à l’entrée de la métropole du bout du lac. «Aussi rapide que la route, le Navibus ne détrônera pas le rail», vantait même la presse, sous-entendant que les CFF avaient eu chaud. Rapidement pourtant, les riverains se sont plaints (le bruit et les vagues), suivis par les pêcheurs. Les écologistes n’ont pas loupé les 7,5 litres de gasoil au kilomètre. Surtout, les passagers ayant opté pour l’abonnement mensuel Nyon-Genève à 270 francs n’y ont pas trouvé leur compte. Bien, la vitesse au large; pas bien, l’interminable approche en rade de Genève, façon pédalo. En deux ans la ligne était fermée.

Opposants de tous bords, réglementation lacustre, adhésion du public… on n’ose imaginer tous les obstacles qui flottent encore sur le lac, menaçant de faire éclater les dizaines de petites bulles prêtes à y déferler. (24 heures)

Créé: 11.12.2017, 08h18

Pierre-Alexandre Sallier, rubrique Economie

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 21 septembre 2018.
(Image: Valott) Plus...