La liberté individuelle a des limites fluctuantes

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Comment mieux protéger la société des criminels en tout genre à l’heure de l’hyperconnectivité, tout en protégeant aussi les individus dans leur intimité? C’est, en une phrase, l’enjeu de la nouvelle loi sur le renseignement (LRens) qu’un référendum amène devant la sanction du vote fédéral, le 25 septembre prochain.

Le dépoussiérage d’un instrument légal vieux d’une génération paraît indispensable. Filons la métaphore: la situation actuelle revient à donner au Service de renseignement de la Confédération le premier portail Internet d’Altavista (vous vous rappelez?) tournant sur Windows 95 pour traquer la menace terroriste et ses milliers de comptes de messageries aux algorithmes cryptés.

«Il faut, comme toujours, se livrer à une pesée d’intérêts. Admettre que le monde est imparfait»

De droite à gauche – car une majorité de partis soutiennent le texte – les spécialistes affirment que la législation suisse ne permet pas à nos limiers d’exercer efficacement leur mission de détection. Les limites qui leur sont imposées, en particulier celles qui restreignent à des situations de soupçons avérés la possibilité d’observer les flux de données, ne cadrent pas avec les réalités d’aujourd’hui. Pire, elles empêchent une bonne coopération avec les services des pays voisins.

Chat échaudé craint l’eau froide: l’affaire des fiches, aussi ancienne soit-elle, a laissé une trace durable dans la psyché des Suisses. Les risques liés à une mauvaise utilisation des données désormais quasi libres d’accès aux agents du renseignement ont de quoi faire cauchemarder.

Par ailleurs, étendre presque à l’infini le champ possible d’exploration n’est pas la panacée. On sait malheureusement trop bien à quel point il est difficile de surveiller des individus potentiellement dangereux, et l’extrême gourmandise en ressources humaines que l’analyse pertinente des données récoltées requiert.

Il faut donc, comme toujours, se livrer à une pesée d’intérêts. Admettre que le monde est imparfait. Celui des libertés individuelles comme celui des renseignements. La marge de manœuvre de la sphère privée est affaire fluctuante. Chacun l’écorne, volens nolens, par les traces électroniques laissées dans un supermarché ou sur le réseau mobile. La société a changé, elle a besoin de nouveaux moyens pour se défendre. Approuver ce pas dépend de la confiance que l’on place dans les institutions. (24 heures)

Créé: 09.09.2016, 23h03

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