Entre les lignes, une politique culturelle

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pas facile de se profiler en ministre de la Culture visionnaire dans un canton qui vient de revoir de fond en comble ses outils légaux en matière de politique culturelle, sur un territoire qui finalise son chantier du siècle Plateforme 10 plutôt qu’il ne lance de nouveaux rêves. La conseillère d’État Cesla Amarelle a tenu hier sa première rencontre avec la presse afin de présenter ses grands axes, deux ans après son arrivée au Château. Avouons-le, rien d’ultraexcitant n’a été officialisé. Sur le papier du moins, car les dossiers sur lesquels on attendait la socialiste lui échappent bien souvent. Ils dépendent de futurs calendriers ou d’huile qui doit encore couler dans les rouages des collaborations avec d’autres services cantonaux. D’autres sont des projets menés conjointement avec des Communes et – prérogatives fédéralistes et subsidiarité suisse obligent – celles-ci gardent la main sur leur communication.


Lire également: Le Palais de Rumine gardera ses musées


Derrière les petites annonces lâchées du bout des lèvres, derrière certains dossiers tracés à gros traits, quelques enjeux importants ont toutefois pris forme. Le projet de Palais des savoirs est sur de bons rails, du côté de Rumine. Lundi, Cesla Amarelle a fait comprendre que celui-ci ne se réalisera pas sans conserver, en son sein, un pôle fort dédié à l’archéologie. En refusant le déménagement du musée cantonal à Avenches, la ministre a défini sa vision du principe de décentralisation. Elle favorise la mise en réseau de forces existantes et les collaborations plutôt que la stratégie (très politique) du cadeau offert à une région. De manière plus transversale, ce choix révèle aussi une volonté de renforcer, tous domaines confondus, les liens entre institutions culturelles et monde académique.

«Derrière les annonces faites du bout des lèvres, des enjeux importants ont pris forme»

Toute autre discipline, celle des arts de la scène. La ministre a confié qu’elle menait, au niveau romand, des discussions afin de résoudre le problème du manque de lieux pour les compagnies, d’améliorer la diffusion des spectacles et des artistes. De telles discussions – c’est un grand souhait du Canton – seront lancées au niveau vaudois et au gré des besoins, entre les Communes les plus proactives en matière de culture. Alors certes, ces annonces ne sont pas fracassantes. Elles dessinent toutefois un vrai projet de politique culturelle, à l’échelon d’un canton qui, contrairement à d’autres petits frères lémaniques, n’a plus à tout inventer mais doit mener un travail de fond pour asseoir des décennies d’expansion culturelle.

Créé: 25.06.2019, 07h02

Gérald Cordonier, chef de la rubrique Culture & Société

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.