Les limites de la politique de milice

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L’affaire est exceptionnelle par son ampleur. La facture de la rénovation de la Maison de Commune de Coppet a explosé en passant de 2,2 millions de francs à près de 3,5 millions au terme des travaux. Les chiffres donnent le tournis tant ils apparaissent ahurissants au premier abord. La réalité de ce fiasco est toutefois beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.


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Si le Conseil communal a infligé un sérieux revers à sa Municipalité lundi soir en lui refusant le crédit complémentaire nécessaire à payer les dépassements, il l’a fait avec respect, mais aussi de la compréhension et même parfois de l’empathie. Virulent dans ses critiques durant la séance, le président de la commission de gestion faisait à l’heure de la verrée un aveu à ce titre étonnant sur les autorités qu’il venait de tancer. «Nous avons la chance d’avoir cette Municipalité. Notre rapport ne témoigne pas de la grande confiance que nous avons en eux.»

«Tout le monde est responsable mais personne n’est coupable»

Dans un monde où les dossiers se complexifient et face à des administrés toujours plus pointilleux, l’exemple de Coppet est un parfait exemple de la limite du système de milice. La Municipalité, qui n’a rien d’une équipe de Pieds Nickelés, admettait à demi-mot n’avoir pas réussi à saisir certains problèmes techniques apparus lors d’une rénovation particulièrement difficile. Au final, les responsabilités se diluent, faute d’une réelle maîtrise du dossier, entre les nombreux intervenants, du politique à l’architecte en passant par les modestes services communaux et les artisans. Tout le monde est responsable de la catastrophe, mais personne n’est coupable.

L’exemple malheureux de Coppet aura peut-être le mérite de démontrer la fragilité des institutions communales dans la gestion des dossiers complexes. Les élus n’ont plus les capacités de saisir les finesses d’un monde aussi éloigné de leur centre de compétence. Ils doivent apprendre à lâcher prise pour éviter les bouillons. Les autorités du bourg cher à Mme de Staël ont ainsi promis de faire désormais appel à des spécialistes pour assurer le suivi de tels chantiers. Leur engagement aura certes un coût, mais c’est le prix du bon sens. (24 heures)

Créé: 30.01.2018, 23h24

Raphaël Ebinger, rubrique Vaud & régions

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