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Locarno va désormais s’accorder au féminin

Pendant près de quinze ans, Locarno s’est accordé au masculin. Trois directeurs se succédèrent aux commandes de l’événement tessinois: Frédéric Maire, devenu directeur de la Cinémathèque suisse à Lausanne, Olivier Père, nommé à un poste important chez Arte France, et Carlo Chatrian, parti diriger le vaisseau de la Berlinale. Avec la nomination de la Française Lili Hinstin, cette direction change de sexe. Et peut-être d’orientation, nous pourrons en juger dans quelques jours.

«Plus qu’une question égalitaire, confier Locarno à une femme en 2019 s’apparente à un geste politique»

Avant elle, le festival n’avait été qu’une seule fois entre les mains d’une femme, de 2001 à 2005, années du règne de l’Italienne Irene Bignardi, qui fut une directrice très critiquée. Mais c’était une autre époque. On ne parlait pas encore de parité, ni de mouvement #metoo, et l’égalité homme-femme ne se trouvait pas au cœur des débats sociétaux, alors clivés par d’autres thèmes. Plus qu’une question égalitaire, confier Locarno à une femme en 2019 s’apparente à un geste politique. Elle n’est pourtant pas la seule femme, en Suisse, à diriger un festival. Les Journées du cinéma suisse de Soleure, le NIFF de Neuchâtel, dédié au cinéma fantastique, ou le FIFDH (festival des droits humains) de Genève sont tous gouvernés par des femmes, et la liste est loin d’être exhaustive.

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Par-delà l’engagement artistique et la confiance qu’on est en droit de placer en Lili Hinstin, son arrivée à Locarno signifie aussi une mutation des mentalités qui président au festival. La tâche ne sera pas forcément facile, il y aura des efforts d’adaptation à fournir, de la part des Tessinois, qu’on sait parfois rétifs aux changements, comme de celle de la nouvelle directrice, qui va devoir gouverner un paquebot dans des mers parfois houleuses et sous des conditions climatiques terribles (et là, je ne parle pas seulement de météo).

L’aventure commence ce soir, on espère que le festival restera toujours cette lucarne ouverte sur le monde qu’il a toujours été. D’ailleurs, le mot Locarno, dans son étymologie, signifie «lucarne». La chasse au léopard est donc lancée, on la souhaite surprenante, dans tous les sens du terme.

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