Passer au contenu principal

Une lune de miel sans destination

Chercher la différence entre Karin Keller-Sutter et Pierre-Yves Maillard sur l’Europe? Vous trouverez un cheveu, une poussière. La conseillère fédérale PLR et le nouveau patron des syndicats ont imposé leurs vues au sein du Conseil fédéral. Avec le concours du Parti socialiste qui se frotte les mains. Ces acteurs politiques ont une conviction: sur le tortueux chemin européen, il faut avancer par étapes. D’abord, rassurer les travailleurs suisses en prenant au sérieux leurs craintes. Ensuite, couler l’initiative de l’UDC qui veut en finir avec la libre circulation des personnes et doit arriver aux urnes l’an prochain. Et après? Alors on pourra parler des relations que l’on souhaite développer avec l’Union européenne au moyen d’un accord institutionnel.

----------

A lire:Karin Keller-Sutter prend la main sur l’Europe

----------

Cette stratégie est à ce stade la plus réaliste d’un point de vue de la politique intérieure. Aucune majorité ne se dégage au sein du Conseil fédéral pour parapher l’accord institutionnel en l’état. Ou du moins personne ne veut essayer. En déclarant le front de la libre circulation comme le plus urgent, Karin Keller-Sutter et ses alliés font diversion. Après la brusquerie d’Ignazio Cassis, il fallait aussi l’entregent et le sens politique de la nouvelle élue pour remettre syndicats et patrons à la même table. L’UDC est devenue une ennemie commune bien commode en Suisse.

«Voulons-nous davantage nous intégrer au projet européen ou pas du tout?»

Mais la lune de miel que la Saint-Galloise est en train de vivre avec la gauche n’affiche pour l’heure aucune destination. Elle ne fait qu’esquiver le débat de fond que pose l’accord institutionnel: voulons-nous davantage nous intégrer au projet européen ou pas du tout? Quelle part de souveraineté sommes-nous prêts à perdre pour quels avantages? De ce débat-là dépendent aussi des milliers d’emplois et une part de la prospérité helvétique. En le repoussant sans cesse, le Conseil fédéral donne des messages pour le moins ambigus à son partenaire naturel qu’est l’UE. Le récent voyage tout en innocence d’Ueli Maurer en Chine contraste ainsi avec la défiance de Berne vis-à-vis de Bruxelles. Il faut espérer que la lune de miel se passe bien. Mais aussi qu’elle mène de préférence à Bruxelles plutôt qu’à Shanghaï.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.