T’as où l’usine?

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Ce week-end, les amoureux du patrimoine bâti vont pouvoir sillonner les cantons romands pour visiter des lieux qui leur sont souvent fermés. Les Vaudois pourront par exemple aller découvrir l’ancienne gare de marchandises de Sébeillon, qui se cherche une nouvelle affectation. Rare témoin patrimonial de l’activité industrielle dans notre chef-lieu. Et cette impression que Vaud, axé désormais sur le secteur tertiaire, ne veut pas trop se souvenir de ce passé.

L’affaire de Sainte-Croix, rappelée samedi dernier dans «Le Temps» après les nombreux articles de «24 heures», en est à ce titre emblématique. Sur ce balcon du Jura qui a vu grandir des marques prestigieuses, on peine à trouver de l’argent pour retenir une collection prestigieuse d’automates en partance pour le Japon et construire un écrin pour l’accueillir.

On se réjouit bien sûr de découvrir le nouveau Musée des beaux-arts dessiné par les talentueux Barozzi et Veiga. Mais on ne peut s’empêcher de se rappeler qu’il a impliqué la démolition de la belle halle aux locos que le concours imposait de conserver. Et qu’ailleurs, en Suisse alémanique en particulier, de tels types de bâtiments historiques et rénovés sont aujourd’hui de magnifiques écrins culturels.

«L'impression que le canton ne veut pas se rappeler de son passé»

Pour ces Journées européennes du patrimoine, certaines régions n’hésitent d’ailleurs pas à se remémorer les aventures du secteur secondaire. Dans le Chablais valaisan, par exemple, Monthey s’autoproclame «industrieuse».

Elle revisite autour de la Vièze les vestiges de cette époque. À Genève, on racontera comment les volumes généreux de ce qui fut la Société genevoise d’instruments de physique sont désormais dévolus à l’art contemporain et à la photographie. On n’hésite pas non plus à aller montrer les ponts, usines et moulins le long de l’Arve. Et les Forces motrices (BFM) sont devenues un beau théâtre, l’ancienne usine Kugler une fédération alternative d’artistes et le pavillon Sicli, ancienne fabrique d’extincteurs, sert désormais la cause de l’architecture.

Alors oui, à Lausanne, il y a le TKM dans l’ancienne usine à gaz, le Pulloff et le 2.21 dans d’anciens ateliers et forges ou le Flon, passablement remanié quand même. Mais d’aveux mêmes de conservateurs, on n’a pas fait beaucoup d’efforts. Il faut donc quitter le chef-lieu pour tomber (ou retomber) sur de petits miracles.

À Orbe, grâce à des bénévoles passionnés, les moulins Rod racontent six cents ans d’histoire de meuniers au fil de l’eau. Dans un labyrinthe de couches qui racontent, face à un monumental silo en béton, un pays, une région, un labeur, une tradition. La vie, quoi. Courez le visiter, c’est ouvert ce week-end. (24 heures)

Créé: 01.09.2018, 00h05

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

Articles en relation

Le Canton met à l’honneur ses trésors bâtis du XXe siècle

Journées du patrimoine Quatre lieux sont à visiter. Un signal fort, qui s’inscrit dans une démarche de futures protections Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.