Une lutte noble mais difficile à concrétiser

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Sous le nom de traite d’êtres humains, l’esclavage moderne figure parmi les infractions réprimées par le Code pénal suisse. La disposition qui lui est consacrée est entrée en vigueur en 2007. Elle permet d’envoyer des criminels en prison pour 20 ans au maximum, bien plus que pour d’autres infractions comme la contrainte (3 ans), la séquestration (5 ans) ou l’usure (5 ans, 10 ans si l’auteur agit par métier).


Lire aussi: La police se forme contre l’esclavage moderne


Comment, la traite, ça existe dans notre pays? Oui, répondent des associations actives sur le terrain, qui apportent du soutien juridique et de l’hébergement sécurisé aux victimes. Une responsable de l’organisation vaudoise Astrée, fondée en 2015, raconte que l’étonnement, au sein de la population, est encore fréquent lorsqu’il est question de cela. Même si d’importants progrès ont été réalisés. Surtout dans le secteur de la prostitution forcée, un domaine qui a vu la condamnation, en décembre 2018, d’une proxénète dans le cadre d’une filière nigériane.

«Les appels à la sensibilisation et à la formation se sont multipliés»

Du côté de l’exploitation de la force de travail, la traite d’êtres humains, par essence cachée, est encore plus épineuse à déceler que dans le commerce du sexe, qui se déroule dans la rue, dans des zones urbaines délimitées ou à l’intérieur de lieux régulièrement contrôlés. Sur une centaine de cas décelés par Astrée, une quinzaine concernent le travail. Or, toujours pour ce secteur, moins de dix condamnations sont recensées en Suisse depuis 2007. Un chiffre mis en évidence par des recherches spécialisées, puisque les statistiques officielles ne font pas encore la différence entre la traite liée au travail du sexe et l’esclavage moderne de la domesticité ou sur certains chantiers. La disproportion entre les constatations des intervenants sociaux et les sanctions pénales saute aux yeux.

Les enquêteurs spécialisés expliquent à quel point il est compliqué d’étayer un dossier qui doit, pour être reconnu comme de la traite au tribunal, suivre toute une chaîne allant du recrutement au but recherché, en passant par les moyens de contrainte et de pression. Pour toutes ces raisons, les appels à la sensibilisation et à la formation se sont multipliés ces dernières années tant du côté des chercheurs que des acteurs sociaux. Ils ont été entendus, c’est un bon pas.

Créé: 11.02.2020, 06h43

Philippe Maspoli, Rubrique Vaud et régions

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