Pourquoi Macron a-t-il pu tenir bon...

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ce vendredi, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron va ficeler son projet de loi définitif de réforme du système des retraites pour le transmettre au parlement. Deux ans de travail préparatoire et six mois de négociations dans une ambiance sociale surchauffée, avec une grève des transports historiquement longue, vont ainsi trouver un premier épilogue: le gouvernement a tenu bon.

Désormais il peut donc affronter le parlement. Un obstacle pas trop difficile à franchir à l’Assemblée nationale, où Emmanuel Macron jouit d’une fidèle majorité, mais certainement beaucoup plus délicat au Sénat, où Les Républicains tiennent le couteau par le manche. Délicat, mais pas impossible.


A lire: Réforme des retraites: le gouvernement sort son projet de loi


Ainsi, malgré l’ambiance chaotique de ces dernières semaines, le président et son premier ministre, Édouard Philippe, sont en position de réussir une réforme considérable du système des retraites en France. Ils ont gagné la manche la plus difficile: celle de l’opposition de la rue.

La Suisse a le référendum, la France a les grèves. Comment se fait-il que la grève des transports, malgré sa durée, son ampleur, n’a pas réussi à infléchir le gouvernement? Pour une raison très simple: elle n’a pas joui d’un véritable soutien populaire.

«Le président et son premier ministre ont gagné la manche la plus difficile: celle de l’opposition de la rue»

Avec une mobilisation massive de 800'000 personnes le 5 décembre, le mouvement a commencé fort et impressionné, mais ensuite les chiffres ont baissé, 600'000, 280'000… On dira que ces statistiques officielles ne disent rien, et que le soutien des Français aux grévistes n’a pas faibli depuis le mois de décembre. Il reste dans les sondages autour de 60%. C’est vrai, mais les mêmes sondages révèlent que ceux qui veulent le maintien des régimes spéciaux restent une minorité de 30% et que ceux qui veulent un retrait du projet sont encore moins nombreux. Bref, la réforme inquiète, les Français ont de la sympathie pour les grévistes, mais leurs revendications ne convainquent pas.

Dans ces conditions, après avoir compris qu’il fallait s’assurer le soutien du syndicat réformiste CFDT plutôt que l’humilier, le gouvernement pouvait tenir bon. Il n’a peut-être pas le peuple avec lui. Mais il ne l’a pas contre lui.

Créé: 23.01.2020, 23h32

Alain Rebetez, correspondant à Paris

Articles en relation

Réforme des retraites: le gouvernement sort son projet de loi

France Malgré la mobilisation, le projet de loi sur les retraites est validé ce vendredi. Notre correspondant questionne le prix de cette «victoire». Plus...

615'000 personnes tentent de peser sur Macron

Réforme des retraites Après la manifestation de mardi, où en est-on des grèves en France? Le point en cinq questions. Plus...

Les syndicats lancent la bataille des retraites

France Avec 800'000 manifestants, la grève annoncée a tenu ses promesses. Quelle sera désormais la réplique du gouvernement? Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.