Macron, le courage de l’autorité

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Le courage. Emmanuel Macron a choisi de trancher et pris un vrai risque politique en enterrant le controversé projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, et en exigeant le départ des occupants contestataires des lieux. Il assoit surtout son autorité de président, au risque de l’impopularité.

Le président français décide là où ses prédécesseurs ont tergiversé. D’une part, ces derniers avaient laissé le dossier s’enliser durant un demi-siècle dans les querelles d’experts et, d’autre part, permis à la contestation de se développer au point que la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes est devenue un territoire où les «zadistes» appliquent leurs règles plutôt que la loi de la République.

Encore une fois, Emmanuel Macron joue du «en même temps» qui caractérise son discours et son action. Car il fait le pari de biffer un projet souhaité par de nombreux acteurs économiques régionaux et accepté par une consultation populaire, mais dont l’abandon lui vaudra le soutien des sympathisants de la cause écologique. Dont son ministre de l’Écologie, le très populaire Nicolas Hulot, qui retrouve quelques couleurs.

«Le président français décide là où ses prédécesseurs ont tergiversé»

Quant à la droite, toujours exigeante en matière d’autorité, elle a beau s’égosiller, elle sait qu’Emmanuel Macron n’hésitera pas à faire sonner la cavalerie pour «libérer» la ZAD de ses activistes antisystème. Il faudra évidemment que l’évacuation, promise d’ici au printemps, se fasse sans casse. C’est-à-dire sans blessés et encore moins de morts, comme ce fut le cas à Sivens en 2014 où un jeune activiste est décédé des suites d’un jet de grenade par la gendarmerie.

C’est le risque majeur pour un Emmanuel Macron déjà accusé de «délit d’humanité» dans le dossier des migrants, aussi dans l’actu ces derniers temps. De nombreux intellectuels et associations sont en effet vent debout contre ce principe de réalité prôné par un président estimant que fermeté sur les principes – le renvoi des déboutés de l’asile – et application des lois de la République sont les garants de l’équité pour chaque femme et homme qui exige protection.

Chercher le point d’équilibre entre humanité et fermeté, nécessaire à ce système imparfait qu’est la démocratie, demande le courage de décider. En deux jours, Emmanuel Macron en a fait preuve. (24 heures)

Créé: 17.01.2018, 20h40

Xavier Alonso, rédacteur en chef adjoint de la rédaction Tamedia

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