Passer au contenu principal

Ma maison, mon ordi

C'est plutôt dans mon écran, que j'ai l'impression d'être confinée.

À l'ère du confinement, je suis du côté des chanceuses. Mon appartement est lumineux, j'ai de l'espace, des balcons, une vue sur un parc, une vue sur un lac. Je peux prendre l'air tant que je veux et changer de pièce pour changer d'activité. Mes voisins, d’ordinaire plutôt indifférents, sont devenus d'aimables compagnons de bavardage au balcon. Bref, on le sait, nous ne sommes pas tous égaux face au confinement, face au logement.

J'ai aussi un chat, prêt à me distraire à la moindre occasion. J'ajoute avoir un deuxième refuge que je rejoins une fois par semaine, auprès de mon amoureux. J’en profite pour rappeler aux plus traditionalistes d’entre vous: vivre seule ne veut pas dire être célibataire. Je suis aussi du côté des chanceux parce que mon travail n'est – pour le moment du moins – pas stoppé net.

Journaliste, c'est bien sûr beaucoup d'e-mails, de coups de téléphone et d'heures passées à tapoter des textes dans un système plus ou moins capricieux. Mais d'ordinaire tout cela est entrecoupé de deux choses au moins: des rencontres avec les interlocuteurs et des échanges spontanés avec les collègues.

D’une quinzaine au bureau, ils sont passés à une trentaine sur mon écran tous les matins, avec leurs bouilles plus ou moins réveillées et leur appartement en guise de décor. «Tu crois que c’est son pyjama qu’il porte depuis une semaine?» Les petits commentaires sont légion, comme dans la vraie vie. Mais ils se font par Whatsapp, par e-mail, par Slack…

«Autour de moi l’appartement s’efface parfois pendant des heures»

Ainsi ma journée commence sur un écran et, très vite, il m’aspire. Je reçois un appel sur mon ordi, réponds avec mon portable, des mails affluent pendant ma conversation et je raccroche pour me rendre compte que les notifications se sont accumulées.

Les journées filent à une vitesse hallucinante. Je vois passer comme des mirages des images de pain maison, de réaménagement d’appartement... Je suis sans cesse face à cet écran. Tout passe par lui. L’appartement autour de moi s’efface parfois pendant des heures.

Voir le contenu

Quand la nuit tombe, les apéros remplacent le boulot. On se retrouve autour d’une table virtuelle à la composition parfois incongrue, souvent inédite. Tous les soirs, des discussions à la lumière de l’ordi, des coupures de son, des moments de colère et beaucoup de rires. La chance, toujours: je ne me sens pas seule. Au contraire.

Au moment de débrancher, je ne cache pas une pointe de soulagement à éteindre la machine. Pour du silence et un peu de solitude.

Méfiez-vous des écrans, qu’ils disaient. Mais comment fait-on quand l’écran, c’est le vrai lieu de son confinement?

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.