Le mal de tête ne doit pas menacer la Fête

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Deux anges passent. Et, non, ce ne sont ni la libellule qui traverse les arènes de la place du Marché ni la petite Julie qui vogue sur son petit bateau de papier journal «24 heures», partenaire officiel de la Fête et toujours fier de l’avoir été. Sur les ruines en tubulaires du plus grand événement des Vaudois, il y a désormais un duo de gueules de bois. Et celle de la fin des festivités magiques et grandioses – le Feviblues, comme certains l’appellent – est en train, gentiment, tranquillement, de céder le pas au syndrome si vaudois: «On vous l’avait bien dit qu’elle est trop grande, cette édition.»

Les procès sont plus faciles à faire a posteriori. Mais que cela soit un «manque à gagner» ou un «déficit», selon l’appellation non contrôlée dont on veut bien l’étiqueter, il y aura un gros trou tout de rouge vêtu. Et avec ça une zone de turbulences qu’il faudra bien gérer si l’on veut une nouvelle Fête des Vignerons dans vingt ans. Et il faut impérativement qu’il y en ait une et qu’elle soit belle.

On peut comprendre la légitime fierté de la Confrérie d’avoir organisé tout ça sans faire appel aux collectivités. C’est assez noble, même si, par le passé, ça n’a pas toujours été le cas. Difficile, pourtant, de ne pas y déceler un soupçon d’arrogance. Portée de surcroît par l’attitude un brin hautaine de son capitaine genevois Frédéric Hohl. Il savait pourtant bien, pour l’avoir éprouvé avec les Fêtes de Genève, les risques financiers de tels événements. Quand il dit que le Marché de Noël de Montreux, par exemple, serait «en faillite» sans argent public, il se trompe. Ce type de subvention ne représente que 4% du budget global de la manifestation hivernale.

«La vieille maison devra apprendre les vertus contemporaines de la transparence»

Et puis, si le show a été artistiquement réussi, le revers de la médaille réside paradoxalement dans son choix high-tech. Si la majorité s’est émerveillée des effets du plancher en LED, ils furent beaucoup moins à avoir vraiment eu envie de payer le même prix de jour, sans le plein rendement lumineux riche de promesses de cette troisième dimension.

La prochaine FeVi ne sera donc pas pareille. La vieille maison devra faire avec des deniers publics, directs ou sous forme de garanties de déficit, et apprendre les vertus contemporaines de la transparence propres aux demandes de subvention.

Il faudra revenir à certains fondamentaux: en termes de budget, de prix et de célébrations. En plus des tâcherons, couronnés originellement lorsque le vin n’était que de soif, on pourrait récompenser, et vénérer, la qualité du breuvage et ses artisans.

Créé: 20.09.2019, 21h06

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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