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Marine Le Pen, l’alternative par défaut

En France, les élections européennes du 26 mai prochain prennent des allures de match retour de la présidentielle de 2017. Comme toujours, la course à l’Élysée structure la vie politique tricolore. En ce printemps 2019, le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est dans les sondages au coude-à-coude avec La République en marche (LRem) d’Emmanuel Macron.

Pour la présidente de l’ex-FN, l’objectif est simple: démontrer qu’elle peut terminer un scrutin en tête et battre la machine à gagner Macron. L’horizon 2022 est déjà en vue… Gagner oui, mais surtout en solitaire. Marine Le Pen doit encore faire la preuve qu’elle peut accéder à l’Élysée sans alliance. Pour cela, elle a besoin d’engranger des victoires d’étape qui rebâtiront la confiance en sa personne et son parti. Tous deux mis à mal après le désastreux 2e tour de la présidentielle 2017. C’est d’autant plus important que l’opposition de droite traditionnelle, les Républicains de Laurent Wauquiez, est inexplicablement en déshérence.

Qu’on ne s’y trompe pas, Marine Le Pen a des raisons d’y croire. Contre toute attente, le RN se maintient plutôt bien dans les intentions de vote des Français malgré le fait que le parti ne propose rien de substantiel ni de nouveau tant sur le plan intérieur que sur le plan international.

Si la crise des «gilets jaunes» favorise à peine le RN, le parti d’Emmanuel Macron est, lui, grandement affaibli. L’amélioration de l’économie française ne lui est même pas créditée. Pour le RN, la critique récurrente de l’Europe centralisatrice qui s’est construite contre les peuples n’est pas davantage un thème nouveau. Marine Le Pen peine ainsi à convaincre que le souverainisme partagé de l’Union européenne devrait céder sa place à un souverainisme national. Comment les Français pourraient-ils croire que la France arrivera mieux à défendre ses intérêts en solo qu’intégrée dans le grand ensemble européen?

Pourtant, il suffit à Marine Le Pen de se poser en option du changement, sans expliquer comment, pour qu’elle engrange des points. En France, le RN reste le réceptacle des colères et l’expression des protestations. Marine Le Pen reste solidement positionnée comme une alternative par défaut.

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