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EditorialLes médias ne sont pas vaccinés contre le doute

Elle était attendue, incontournable. Elle est arrivée, plus violente que prévu. Cette fameuse seconde vague. Celle qui fait le procès des médias, après avoir salué leur rôle de «service public», bien avant l’heure du bilan mortifère définitif du Covid-19. Et de sa gestion publique. L’attaque vient même parfois de l’intérieur. Des journalistes, en activité ou plus, qui en accusent d’autres de n’être que le bras armé communicationnel de l’État, en ayant perdu tout sens critique, refusant de répercuter la parole «scientifique» des plus sceptiques.

Depuis ce fameux 13 mars, nous avons pour notre part privilégié le terrain. Celui des chercheurs, des soignants, des patients, des enseignants, des parents. Mais aussi des plus petites mains comme celles des nettoyeurs, des livreurs de journaux, des femmes de ménage, des blanchisseuses, etc.; plutôt, par exemple, que de laisser un fameux anthropologue éructer sa vérité complotiste sur un terrain qu’il connaît bien mal.

La chloroquine? Nous avons préféré voir comment le CHUV la testait au lieu de tendre le micro au plus Marseillais des virologues – dont nous avons dressé un portrait entre ombres et lumières – crier victoire dans sa région si peu touchée par le virus. Et la conspiration biologique, qu’elle soit américaine ou chinoise? Sans nier sa possibilité, même si on attend encore le début de preuves crédibles, nous avons multiplié les reportages dans différents pays. Y compris dans ceux qui ont choisi des mesures très différentes des nôtres (Corée du Sud, Suède, etc.) en matière de confinement, de dépistage, de port du masque, de retour à l’école.

Dans ma boîte mail, certains messages d’interlocuteurs d’ordinaire plus raisonnables sont assez inouïs. Si les chiffres de décès sont si bas, ce ne serait pas que le confinement était efficace, mais la preuve irréfutable que ce SRAS n’était pas si «méchant». Un ancien élu nous fait même le reproche d’adouber un traçage individuel comparable à celui de l’étoile jaune que les nazis imposaient aux juifs. La crise économique nous inciterait à nous attirer les bonnes grâces des pharmas, elles qui n’ont pourtant jamais mis un franc de publicité dans notre journal depuis des siècles. Sans parler de nos manchettes «anxiogènes». Ou, à l’inverse, de notre Édito posant la question d’une ségrégation des plus de 65ans aboutissant sur le mail d’un fils nous accusant entre les lignes de vouloir tuer sa mère.

Immunité collective ou déconfinement progressif en attendant le vaccin? Jusqu’où aller avec le principe de précaution? Combien de morts sont acceptables au nom de la liberté individuelle, de l’économie, du sauvetage de la culture ou du sport? Oui au doute, pourvu qu’il soit étayé et dépasse la brève de comptoir diffusée sur les réseaux sociaux sous prétexte de censure par des médias officiels bien-pensants. Si elle a lieu d’être, notre autocritique viendra. Mais elle sera factuelle.

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