Le métier idéalisé, la déprime et le départ

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Les infirmières quittent souvent le métier en cours de route; le phénomène n’a rien de nouveau. Nul doute qu’il est amplifié par la dégradation des conditions de travail induite par la pression budgétaire pesant sur les hôpitaux. Près de la moitié des professionnels raccrochent leur blouse, selon l’Observatoire de la santé (Obsan). Le métier perd des plumes alors même que les besoins futurs en personnel soignant vont croissant.


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Oui, la profession est pénible, oui les horaires sont irréguliers, oui, le rythme est effréné. Dans son témoignage, Albane Widmer pointe un autre écueil. Détentrice d’un bachelor, biberonnée aux notions de partenariat avec les médecins et de décisions partagées, la jeune femme s’est retrouvée à courir dans les couloirs des hôpitaux sans avoir le temps de discuter avec ces patients dont on lui a appris qu’ils étaient des partenaires essentiels dans la prise en charge.

«Les diplômés déchantent quand ils arrivent sur le terrain»

La création d’un bachelor en soins infirmiers, au début des années 2000, a redoré le blason de la profession et fait exploser le nombre d’inscriptions. Seulement voilà, une partie non négligeable de ces étudiants pétris de connaissances et d’idéaux déchantent quand ils arrivent sur le terrain et constatent qu’ils ne peuvent pas mettre en pratique leur savoir. Ces diplômés frustrés de L’École La Source ou de la Haute École de santé Vaud (HESAV) risquent de passer le mot et de décourager des vocations futures. Leur déception donne en tout cas des arguments aux partisans d’une formation plus pratique, moins académique.

Ce n’est pas le niveau des cours dispensées par les Hautes Écoles spécialisées qu’il faut remettre en question. Avec la complexification des cas et le vieillissement de la population, le secteur a besoin de personnel qualifié. L’Obsan et les associations professionnelles le répètent: pour lutter contre la pénurie, il ne suffit pas de former davantage. Il faut aussi créer des conditions favorables pour que les recrues restent sur le bateau et se sentent valorisées.

En 2019, les infirmières et infirmiers vaudois passent haut la main leur examen théorique. Aux hôpitaux de se mettre à la page pour fidéliser ces jeunes désireux de montrer de quoi ils sont capables. (24 heures)

Créé: 09.01.2019, 21h07

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Marie Nicollier, rubrique Vaud & régions

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