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Le monde est stone, nous aussi

Enfant de la bande FM, il faut toujours qu’une chanson squatte mes neurones, si possible en boucle et en lien avec le vécu du moment. Après l’«Étrange Bazar» de Charlélie Couture déferlant sur la première journée confinée, ma playlist spéciale coronavirus a placé en hit «Le monde est stone» et sa phrase d’intro: «J’ai la tête qui éclate, j’voudrais seulement dormir»…

La fusion de la vie domestique avec le monde professionnel engendre non plus une charge mentale, mais une charge monumentale. Privées de routine façon métro, boulot, dodo, les journées deviennent un improbable amalgame d’activités décousues. Et que je me tire un café en prenant connaissance des 62 messages tombés nuitamment dans douze groupes d’amis. Au panier vidéos débiles, alertes anxiogènes, vite répondre aux vraies questions. Puis j’assiste à la visioconférence matinale en achevant de lire la presse (pas eu mes quarante minutes de train pour le faire au calme) et en triant des e-mails. 9h30: j’ai déjà la tête qui éclate.

«Entrée en scène de la liste des courses sur la table de travail…»

Puis ça ne s’arrange pas. Préparer un article quand aucun service ne répond n’est pas chose aisée, mais débusquer des interlocuteurs est mon métier. Sauf que cette mission est entravée par une enfant qui veut savoir ce que signifie «Speisekarte», une autre qui siffle en douce sa cinquième compote, des collègues en quête de coordination au bout du fil, une alerte sur le fil d’échange de la rédaction où le boss cherche à attribuer un sujet urgent. Sur ce le chat vomit.

Un autre café, histoire de me recentrer. Mais c’est pour constater la pénurie de capsules. Entrée en scène de la liste des courses sur la table de travail où s’aligne déjà une demi-journée en vrac: tasses, verres, cahiers, miettes et mouchoirs chiffonnés (bonjour l’hygiène de pandémie). Treize messages déferlent sur le groupe de l’école, le téléphone cède. Bon sang où ai-je abandonné mon chargeur?

Je ponds enfin quelques lignes. Trois pushs simultanés m’informent d’un nouveau rebondissement sur le front coronavirus. Détour par les sites d’information. Pendant que j’y suis, passage en revue des sujets en ligne, histoire de ne pas perdre le fil. Allez je m’y remets. J’en étais où, déjà?!

Oui nous, confinés, bossons. Mais de manière si dispersée qu’en fin de journée le sentiment dominant est… de n’avoir rien accompli. Assommée, j’voudrais seulement dormir. Seulement je ne sais pas vous, mais comme emporté par le tourbillon de ces heures désordonnées, le sommeil, lui aussi, s’apparente à un foutoir épuisant.

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