Et si «No Billag» devenait un second 9 février?

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Nous sommes à six jours de la date anniversaire de la votation du 9 février 2014. Et à un mois du scrutin sur «No Billag». Dans leur mécanique de campagne, les deux objets se ressemblent parfois furieusement. Dans le sens que ceux qui sont pour la suppression de la redevance sont presque aussi silencieux que ceux qui étaient en faveur du texte contre l’immigration de masse, certains réseaux sociaux exceptés. Même si les initiants nous promettent de mettre le turbo dans le sprint final.

«Près de 95% des courriers de lecteurs que nous recevons sont défavorables à «No Billag»»

Mais, jusqu’à aujourd’hui, les partisans sont discrets. C’est par exemple frappant dans les pages que 24 heures ouvre chaque jour aux citoyens et à la société civile. Près de 95% des courriers de lecteurs que nous recevons sont défavorables à «No Billag». La proportion est à peu près la même dans les réflexions que l’on nous propose. Et que nous devons commencer à refuser.

C’est comme si le choc du premier sondage qui donnait le texte gagnant à 57% en décembre dernier avait déclenché ce flot d’amour universel pour la SSR. À tel point que nous avons dû nous-mêmes solliciter des opposants affirmés ou potentiels. Qui n’ont de loin pas tous accepté. Certains allant même jusqu’à réclamer l’anonymat ou à dénoncer le climat délétère qu’ils préféreraient ne pas affronter.

Et même ceux qui clamaient haut et fort il y a quelques mois leur penchant pour la suppression de ce prélèvement obligatoire sont désormais, en tout cas publiquement, plus dociles. Le PLR valaisan Philippe Nantermod par exemple, qui refuse dorénavant de décliner son vote alors qu’il était beaucoup plus clair l’automne dernier quand les Chambres en débattaient. La faute, aussi, à une initiative si mal ficelée que même l’USAM dans son plan B bricolé sur un coin de table doit bien admettre qu’il faudra malgré tout une part de financement public. Restent quelques partisans iconoclastes du «petit non», qui prônent un oui suffisamment fort pour que pression soit mise sur la SSR.

Le résultat du 4 mars sera donc, en dehors de son enjeu majeur, passionnant à décrypter. Notamment pour voir si les jeunes, majoritairement en faveur mais généralement abstentionnistes, seront prêts au passage à l’urne. Mais aussi pour vérifier si les sondages qui donnent désormais le non assez largement gagnant seront une nouvelle fois démentis par une marée silencieuse qui n’hésitera pas à voter oui. Et qui ferait que le 9 février aura trouvé son faux jumeau. (24 heures)

Créé: 02.02.2018, 23h26

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Affaire Girardin: Vevey en crise, paru le 19 mai
(Image: Valott) Plus...