«No Billag», le projet B plutôt que le plan B

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Gilles Marchand est un homme d’honneur qui connaît très bien les médias. Privés comme publics. Chez Ringier Romandie, à la fin des années nonante et au début du millénaire, l’homme a aussi démontré qu’il savait restructurer intelligemment quand cela s’avérait indispensable. Avec diplomatie et professionnalisme. Et on aimerait bien le croire quand il dit qu’il a parfaitement saisi le message qu’il s’agit de bousculer certaines mauvaises habitudes ou pratiques ancrées depuis trop longtemps dans certains départements de «sa» grande maison, qui compte 6000 employés.

Gilles Marchand couperait ainsi l’herbe sous les pieds souvent nickelés des initiants

Le hic, c’est que, pour qu’on ne doute pas de son honnêteté, il faudrait que le directeur général accepte de parler plan B. Non pas pour valider béatement la fin d’un financement public direct de l’audiovisuel. Lequel est indispensable à la bonne marche d’une démocratie directe compliquée d’un petit pays linguistiquement et culturellement morcelé. Mais pour démontrer que, même si le peuple vote non le 4 mars prochain, la SSR a déjà fait des choix clairs pour son futur. Des choix qui impliquent des renoncements et la fin de certaines distorsions de la concurrence. Et qu’elle va les mettre en pratique dès le 5 mars.

Montrer ouvertement ce qu’elle va entreprendre en la matière couperait ainsi l’herbe sous les pieds souvent nickelés des initiants, de leurs mensonges éhontés et de leurs solutions toutes faites. S’il ne fallait retenir qu’une idiotie, c’est celle qu’ont les créateurs du «nobillaguisme» de citer Netflix comme exemple à suivre, alors même que le géant du streaming américain cumule des milliards de dettes en vingt ans d’existence. En venant avec un contreprojet officieux et porteur de sens, qui sort des entrailles mêmes de la SSR, Gilles Marchand convaincrait les indécis que voter non ne veut pas dire donner un blanc-seing à l’immobilisme. Tout ce qui a trait à la solidarité et au vivre-ensemble a un coût et ne peut pas être juste mesuré à l’aune de l’audience et du pay-per-view. Que cela soit en matière d’information, de divertissement ou de culture, une concurrence saine entre le public et le privé est la garante du maintien de la qualité. (24 heures)

Créé: 10.01.2018, 06h58

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Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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