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Obligation de servir: où est la modernité?

Faut-il affaiblir le service civil pour protéger l’armée? À cette question, le Conseil des États a répondu par la positive hier à Berne. Il a pris sept mesures pour faire de la passerelle qui existe aujourd’hui entre l’armée et le service civil un vrai parcours du combattant. Le but est affiché: empêcher au maximum celui qui a revêtu l’uniforme gris-vert une fois dans sa vie de changer de voie.

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Les raisons de cette réforme sont connues. Pour garder un effectif jugé suffisant pour mener à bien ses tâches, l’armée doit instruire 18 000 personnes chaque année. Or ce nombre a été difficilement atteint lors des derniers exercices.

Mais la manière empruntée par le Conseil fédéral, approuvée par le Conseil des États hier, dérange. Le nombre d’admissions au service civil est en hausse depuis 2011? Certes, mais en parallèle, l’aptitude au service militaire a aussi diminué d’un tiers ces trente dernières années. L’armée est contrainte de s’adapter à cette réalité en priorité. Un groupe de réflexion y travaille et le chef de l’armée, Philippe Rebord, bien conscient du défi, y a investi beaucoup d’énergie. Mais on semble encore loin du compte. En outre, les difficultés des centres de recrutement à admettre toutes les minorités de la société – transgenres et véganes par exemple – accroissent encore les problèmes d’effectifs de la troupe.

«Ce débat sur le durcissement de l’accès au service civil semble d’arrière-garde»

Et sur le fond, ce débat sur le durcissement de l’accès au service civil semble d’arrière-garde. Pour la droite, il est clair que le jeune citoyen n’a pas le choix entre l’armée et le service civil. C’est la sécurité qui prime. Pour la gauche et une partie du centre, il ne doit pas y avoir de hiérarchie face à l’obligation de servir, quitte à faire preuve d’un peu de mauvaise foi en plaidant la liberté d’invoquer des problèmes de conscience tout au long de sa vie. Honnêtement, le sous-officier qui bifurque vers la voie civile a sans doute autre chose en tête. Mais on évite toujours la question clé: comment définit-on l’obligation de servir aujourd’hui? Et servir à quoi? Aucun conseiller fédéral n’a osé jusqu’ici décloisonner le débat et mener une réflexion d’ensemble. C’est peut-être la seule manière de faire entrer le service obligatoire dans la modernité.

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