Passer au contenu principal

Les paris de Donald Trump

Un drapeau américain. Juste avant que le Pentagone n’annonce jeudi soir la frappe mortelle à Bagdad contre le général iranien Qassem Soleimani, Donald Trump a tweeté l’image de la bannière étoilée. Comme à chaque fois, le propriétaire de casinos devenu président envoie à ses concitoyens un message simple. Il leur demande de considérer à travers le filtre patriotique l’opération militaire américaine qui risque de déclencher une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Pas d’explications, pas de stratégie clairement détaillée. Pas même de préavis au Congrès.

Donald Trump, le président qui n’a cessé de prôner le désengagement militaire américain en Syrie, en Irak et en Afghanistan, entraîne son pays dans l’escalade avec Téhéran en pariant sur la force de persuasion du drapeau américain.

Hasard du calendrier, Donald Trump, un président menacé de destitution et désavoué récemment par une influente publication évangélique, devait participer vendredi après-midi à un meeting avec la droite religieuse à Miami. Comme GeorgeW.Bush l’avait fait au moment de la guerre en Irak, Donald Trump va s’efforcer de projeter aux Américains l’image d’un président béni par une partie de la droite évangélique.

Pas d’explications, pas de stratégie clairement détaillée. Pas même de préavis au Congrès.

Ce cocktail puissant mêlant patriotisme et religion pourrait lui permettre à court terme de faire passer la pilule de l’escalade avec l’Iran. Mais l’effet à long terme dépendra de l’issue d’un autre pari, selon lequel l’Iran battra en retraite face à la puissance de feu américaine. Les supporters du président sont convaincus que Donald Trump a vu juste. L’opposition se souvient, elle, des nombreuses faillites de l’homme qui dirige la première puissance mondiale. Et elle n’a pas tardé à déterrer les propos tenus par Donald Trump en 2011 lorsque celui-ci avait affirmé à tort que Barack Obama déclencherait une guerre avec l’Iran pour être réélu. Barack Obama avait au contraire légué à son successeur en janvier 2017 une région apaisée par un accord nucléaire avec l’Iran. Donald Trump n’en a pas voulu. Et à onze mois de l’élection présidentielle américaine, il mise sur le fait que le patriotisme favorise aussi l’amnésie.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.