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Un pays, deux réalités très différentes

«Il existe suffisamment de logements aux loyers abordables.» Balancée à un Lausannois confronté à la pénurie immobilière, l’affirmation frise l’absurde. C’est pourtant bien l’un des arguments principaux des adversaires de l’initiative populaire de l’Asloca, soumise à votation le 9 février. Une majorité de personnes interrogées lors de notre dernier sondage Tamedia le brandit pour rejeter ce texte.

L’initiative met en lumière les différentes réalités qui constituent notre pays. Déjà, le texte catalyse tous les clivages classiques de la politique suisse: il oppose la gauche à la droite. La première juge une intervention étatique nécessaire. La seconde considère que la Confédération n’a pas à intervenir dans un marché libre.

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Notre sondage révèle également un important fossé entre les villes et la campagne (et les agglomérations). C’est aussi là que les différentes problématiques du marché de l’immobilier sont les plus saillantes. D'un côté, les centres urbains saturent depuis des décennies. De l’autre, les campagnes regorgent d’immeubles qui attendent désespérément d’être remplis. Le taux de vacance moyen des logements, aujourd'hui à 1,66%, n’a pas été aussi élevé depuis des décennies. La construction est effectivement en plein boom. Les conditions sont favorables aux investissements immobiliers. Les terrains, eux, sont en revanche rarement disponibles dans les villes. Les nouveaux logements ne s’érigent donc pas forcement là où la demande est la plus forte.

«D’un côté, les centres urbains saturent depuis des décennies. De l’autre, les campagnes regorgent d’immeubles qui attendent d’être remplis»

Voici donc l’argument énoncé plus haut expliqué aux habitants des villes: la réalité des urbains n’est pas celle des habitants du reste du territoire. Les intentions de vote se devinent ainsi probablement en grande partie en observant le taux de vacance des logements de la commune des votants. On peut partir de l’hypothèse que plus celui-ci est élevé, plus le rejet de l’initiative de l’Asloca augmente.

La question des loyers se confronte au même constat. Les initiants souhaitent favoriser la création de logements à but non lucratif, garants de loyers abordables. Selon une étude de l’Office fédéral du logement, les loyers des coopératives sont effectivement 25% moins élevés que des logements locatifs dans les villes. Dans l’espace rural en revanche, aucune différence n’est constatée entre les prix des deux modèles. La coopérative n’y est donc pas plus attractive qu’un logement classique.

La crise du logement n’en est pas moins critique pour les villes et demande des solutions concrètes et urgentes. Mais la diversité des problématiques liées au marché de l’immobilier suisse remet en question la pertinence d’une réponse fédérale au problème.

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