Dans la peau d’un musée qui compte

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Pour son examen d’entrée sur la scène nationale et internationale (ses ambitions ne sont pas cachées et c’est tant mieux), le nouveau Musée cantonal des beaux-arts a choisi de poser son regard sur Vienne 1900. Un tournant pour les arts majeurs et mineurs qui vont désormais se défaire des hiérarchies et une époque qui a l’avantage de compter les signatures qui plaisent – surtout Gustav Klimt – comme des artistes qui parlent à un grand nombre dont Egon Schiele ou encore Oskar Kokoschka, mort et enterré à Montreux.

Mais si ce choix fort ne fait pas dans la facilité et a le mérite d’être revendiqué, si le plateau sert de beaux appâts pour attirer les foules, cette première exposition payante est-elle vraiment le juste choix pour s’installer dans le paysage comme un musée qui compte?


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Même en parlant de peau, donc d’une surface réactive, émotive, sensorielle, même en fouillant ce derme qui fait le lien entre l’âme et l’apparence, entre l’être et son environnement, entre l’artiste et son désir de modernité, l’exposition évolue dans les sphères plus intellectuelles que sensibles. Pour ne pas passer à côté du propos, pour en saisir les subtilités, pour assumer ce bond déconcertant entre deux mondes, de l’étage des peintures et dessins à celui plus hermétique du mobilier, il faut un soutien (guide ou catalogue): il n’y a pas d’audioguide!

«Cette première exposition payante est-elle vraiment le juste choix pour s'installer dans le paysage?»

Fortifiée par un immense travail scientifique, on aurait mieux vu «À fleur de peau. Vienne 1900, de Klimt à Schiele et Kokoschka» dans la programmation d’une institution qui a déjà posé ses marques et où le public se rend comme en pays de connaissance. Sachant que la concurrence est forte pour enchanter le grand public et que les têtes d’affiche se bousculent en ce moment! De l’exposition des Hodler et Anker de Christoph Blocher chez Gianadda à l’artillerie lourde sortie par Beyeler avec le pouvoir d’attraction infaillible de l’Américain Edward Hopper. De l’impressionnisme, mot magique prononcé par l’Hermitage à Lausanne, aux expériences sensorielles à couper le souffle signées par la pointure de l’art contemporain Olafur Eliasson au Kunsthaus de Zurich.

Créé: 14.02.2020, 06h43

Florence Millioud Henriques,
Rubrique Culture
& Société

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