Le petit crédit, une bombe à désamorcer

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Quand il n’y a plus d’argent, il y en a encore. Lorsqu’une personne est confrontée à une difficulté ou à un changement radical dans un parcours de vie (divorce, problème de santé, chômage, passage à la retraite), la tentation peut être grande de contracter un crédit à la consommation. Quand les factures s’accumulent, on préfère rassembler ses dettes en une seule, quitte à augmenter sa charge d’intérêts. Enfin, on respire. Mais cette bouffée d’air, bien souvent, est un leurre. Cela dure quelques semaines et puis, lepoids de la dette commence à se faire sentir. Tel un vautour, le surendettement guette.

En 2015, le parlement fédéral a modifié la loi sur le crédit à la consommation. Un pas de fourmi a été fait et la publicité dite «agressive» a été interdite. Mais il y a un gros hic avec ce consensus: ce sont les prêteurs eux-mêmes qui doivent s’autoréguler. Or ce n’est évidemment pas dans leur intérêt de s’infliger des sanctions. Le système s’avère mou et inefficace.


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On a légiféré, mais le problème majeur est resté: cette loi ne protège pas le consommateur. Une petite balade sur internet suffit à dresser un constat inquiétant: la pub reste très attrayante, malgré des taux d’intérêt qui frôlent les 10% qui devraient, logiquement, rebuter.

Les chiffres en disent long: les Suisses empruntent davantage et s’endettent sur de plus longues durées. L’accès au crédit, grâce aux facilités d’internet, est presque une formalité, malgré les contrôles obligatoires sur la solvabilité des Suisses. Des mesures supplémentaires doivent être envisagées pour renforcer la prévention, comme cela a été fait dans les nouvelles règles imposées depuis l’an dernier aux casinos helvétiques.

Les politiciens ont des yeux. Notre nouveau parlement doit voir la gravité de la situation, reprendre en main cette bombe à retardement et agir. Pour faire en sorte que les surendettés remontent dignement à la surface, paient leurs impôts, leurs primes maladie et leurs factures courantes sans tomber dans la spirale infernale du crédit et, en bout de chaîne, l’aide sociale. Toute la société y gagnera. Et pas seulement les banques.

Créé: 26.01.2020, 22h31

Sébastien Jubin, rubrique Suisse.

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