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Au petit matin de la formation des adultes

Depuis son entrée en fonction en 2017 à la tête du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, Cesla Amarelle ne s’était pas encore avancée sur le dossier de la formation des adultes. Manifestement, au petit matin de ce nouveau chapitre de sa première législature, cela commence par un blocage. La ministre s’est-elle trop hâtée, soucieuse d’une logique de résultats? A-t-elle cédé à un travers étatiste, rêvant de brandir l’absorption du Gymnase du soir par l’État de Vaud comme un chasseur accrocherait son trophée au-dessus de la cheminée au retour d’un safari? A-t-elle trop écouté son administration, l’État dans l’État qu’est son département, mammouth vaudois?

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Quoi qu’il en soit, quelques semaines après avoir rendu sa décision écrite, elle rétropédale en affirmant que rien n’est encore décidé, tout en énonçant ses intentions. Manifestement la concertation a tourné au vinaigre. Sa décision devait être une première étape dans la construction d’un pôle de la formation des adultes. Ce chantier s’en remettra, ses contours sont encore flous.

«Manifestement, la concertation a tourné au vinaigre»

En revanche, les contours du Gymnase du soir sont, eux, connus depuis plus d’un demi-siècle. Lausanne, qui a initié l’institution dans les années 60, penchait pour une forme parapublique. Quand le Gymnase fêtait son quart de siècle, l’ancien syndic et député socialiste Jean-Jacques Schilt résumait cette philosophie en disant que la Ville voulait permettre à des adultes de se former, eux «dont l’épanouissement n’était pas compatible avec une structure scolaire rigide, peu propre à admettre des exceptions». Plus tard le financement fut repris par le Canton et la Confédération certifia la formation. Trente ans après cette petite phrase dont se prévalent les dirigeants du Gymnase du soir, leur association ne fait pas naufrage. L’État n’est donc pas en train de la sauver. Mais ils doivent à nouveau démontrer qu’elle n’est pas soluble dans le schéma étatique.

Sujet de dissertation: la souplesse inhérente à ce «gymnase de la seconde chance», voulu comme un outil social, peut-elle survivre à l’étatisation? Cesla Amarelle ramassera les copies à la fin de l’examen.

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