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Un plébiscite Vert qui doit dépasser l’effet Greta Thunberg

Sur le Léman, on se souvient de 563 et de 1584. D’Aigle à Genève, des éboulements et des vagues emportant des villages et des quartiers sur leurs passages. En 2019, le raz de marée est Vert (et Vert’libéral). On l’attendait. Mais il a été plus puissant que prévu. Sur le coup de 14 heures, le site de l’État de Vaud voyait la tache vert clair s’étendre. Elle passait par Croy, Daillens – où les projets de décharge sont combattus par les citoyens –, Clarmont ou Ferreyres. Des communes où socialistes, agrariens ou radicaux étaient devant en 2015. Idem pour Maracon, Corsier-sur-Vevey, Lovatens. Plus d’une quinzaine de communes où ces listes arrivent en tête. À 14 h 46, Daniel Brélaz, le serial prévisionniste, annonçait que son parti allait gagner deux sièges au National. Poussé notamment par la liste benjamine qui multiplie son score de 2015 par trois. Et qui montre que, probablement, les jeunes se sont mobilisés.

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Puis les grandes villes commencent à tomber pour les États. À Vevey, Lausanne ou Yverdon, Adèle Thorens Goumaz est devant la socialiste Ada Marra. De justesse certes, mais Géraldine Savary devançait Luc Recordon il y a quatre ans. On attendait un clapotis plus qu’un tsunami, et c’est bel et bien une vague qui arrive.

L’exception n’est pas que vaudoise. À Genève, Lisa Mazzone est largement en tête de la course au Sénat. À Neuchâtel, Fribourg ou en Valais, on enverra des conseillers nationaux écologistes siéger sous la Coupole. Même «I Verdi del Ticino» font un carton au pays du merlot avec une Greta, Gysin. À Glaris, à une vallée – celle du Muotathal – de cette prairie du Grütli où les amateurs de tir se réunissaient ce dimanche, c’est un Grüne qui va au Ständerat. La même Chambre haute grisonnante et masculine fera aussi sa place à une Verte neuchâteloise de 35 ans, Céline Vara.

«Les Verts sont désormais le quatrième parti du pays en termes de suffrages, devant le PDC»

Bref, on pourrait multiplier les exemples. Et ce résultat préfigure tout de même un sacré chamboulement. Les Verts sont désormais le quatrième parti du pays en termes de suffrages, devant le PDC. Et le troisième du canton, devant l’UDC. Ils ne pourront pas se contenter de surfer sur l’effet Greta Thunberg ou, pour les plus purs d’entre eux, sur l’apocalypse climatique prévue. Dans ce sens-là, la progression de leurs cousins libéraux est une bonne nouvelle. Pour un pays comme la Suisse, les solutions vers une transition énergétique doivent aussi être économiques.

Et puis, pour le canton comme pour le reste de la Suisse, avec l’historique première conseillère nationale à Obwald (l’UDC Monika Rüegger-Hurschler), l’effet femmes a aussi joué. En cela aussi, c’est une autre vision de la politique qui a gagné hier. Viola Amherd et Karin Keller-Sutter ne cessent de prouver au Conseil fédéral qu’on peut diriger et décider autrement.

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