Les plumes d’ici méritent une place à l’école

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L’herbe est toujours plus verte ailleurs. L’adage sonne particulièrement juste s’agissant de la littérature romande contemporaine. Publiée dans un petit coin de pays au bassin de lecteurs potentiels modeste, elle peine à s’exporter, à la notable exception d’un Joël Dicker. Et même à domicile, elle n’a pas toujours les faveurs des liseurs. Ses voix ne claironnent pas très fort face au concert tonitruant des Goncourt et autres prix du grand voisin, toujours prescripteur quand il s’agit de la langue de Proust.


A lire l'article sur: L’école oublie trop souvent les auteurs d’ici

Discrètement pourtant, les plumes d’ici, qui exercent presque toutes une deuxième profession pour faire bouillir la marmite, offrent de beaux ouvrages, quand ce ne sont pas des pépites. Auteurs installés de longue date, artisans du verbe qui polissent avec obstination une œuvre de qualité, ou jeunes pousses prometteuses, la littérature romande apparaît multiple, ne se laisse pas réduire à un style, un thème ou un genre. Et se révèle avant tout bien loin du prétendu régionalisme qui lui colle à la peau.

«Non, les auteurs ne sont pas tous morts ou à l’étranger. Les plumes locales sont bien vivantes»

Une vivacité mise sur le devant de la scène par la création de festivals et de prix littéraires, mais aussi par des propositions aussi diverses et réjouissantes que les actions décalées du Collectif AJAR ou l’initiative «Train de vie» de La Maison éclose, où une cinquantaine d’auteurs romands ont lu, un samedi d’automne, des passages de leurs textes aux voyageurs des trains jurassiens. Sans compter la récente naissance de la revue littéraire La Cinquième Saison.

Aussi, le choix d’œuvres susceptibles d’être lues en classe, à l’école obligatoire ou plus tard, ne cesse de s’élargir. Certes, sans bagage théorique préalable pour accompagner l’enseignant. Mais avec un avantage incontestable: l’opportunité pour les élèves de rencontrer les auteurs. Car, non, ils ne sont pas tous morts ou à l’étranger. Les plumes locales sont bien vivantes, et se déplacent volontiers dans les classes. Sans aller jusqu’à un programme obligatoire, la solution genevoise consistant à inscrire, au secondaire II, au moins un auteur romand dans le cursus, constitue un début prometteur dans la défense de textes qui le méritent. (24 heures)

Créé: 23.01.2018, 06h40

Caroline Rieder, Rubrique Culture & Société

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