Le poids de la victoire démocrate

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Il est des victoires qui ressemblent à une station de chemin de croix. Celle remportée par le parti démocrate mardi lors des élections de mi-mandat en fait partie. Incontestablement, malgré un contexte économique favorable à Donald Trump, ses adversaires ont convaincu une majorité d’Américains de leur confier la Chambre des représentants.

Une présidence imprévisible, déstabilisante, nécessitait un ajustement dans l’équilibre des pouvoirs. Mais la «vague bleue» ne s’est pas produite, et le simple fait que cette idée ait été évoquée souligne le malentendu qui sépare les deux moitiés de la société américaine. Le retour au pouvoirdes démocrates, avec la Maison-Blanche en ligne de mire en 2020, ne se fera pas à coups de vague, de sondages prétendument infaillibles ou de baguette magique. Il s’effectuera quartier par quartier, district par district.

Une telle démarche serait vue comme une trahison par ces mêmes forces vives qui ont redonné du souffle aux démocrates.

Les peurs et les souffrances des partisans de Donald Trump existent bel et bien, et chacune mérite de recevoir une réponse. En réalité, le plus dur commence pour les vainqueurs du jour. Ils font face à une double menace. La première: se laisser déborder par leurs nouvelles forces vives, les plus ancrées à gauche, les plus tentées par une guérilla parlementaire permanente. Beaucoup d’Américains assimileraient cela à de l’obstructionnisme et le président pourrait en tirer profit en se présentant en victime d’une opposition intraitable.

Seconde menace: tendre la main au camp républicain pour trouver des solutions bipartisanes aux questions les plus clivantes, comme l’immigration ou la santé. Une telle démarche serait vue comme une trahison par ces mêmes forces vives qui ont redonné du souffle aux démocrates.

Pour l’heure, faute de troisième voie, les appels à l’unité du peuple américain lancés par les grandes figures du parti semblent s’adresser – comme une prémonition – à leurs propres troupes. Car il manque encore un élément central dans le dispositif démocrate: un meneur ou une meneuse. (24 heures)

Créé: 07.11.2018, 23h32

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