Des poivrons plus verts que vert

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Critiquer les Verts après la victoire électorale de dimanche dernier pour prendre la défense du géant orange de la distribution, voilà qui ne semble pas du meilleur goût. N’empêche, le bouillon des serres à poivrons projetées par Migros dans le Chablais me laisse un rien amère.

Pour comprendre pourquoi, il faut rembobiner de presque une décennie et rappeler que l’idée n’a pas germé dans l’esprit de quelque commercial en quête d’arguments prétextes pour séduire un consommateur attiré par la mouvance écolo locale. L’initiative était née dans les visions fertiles du directeur de l’usine Satom, désireux de valoriser l’excédent de chaleur produit par l’incinération des déchets. L’homme avait associé les paysans du cru à ses réflexions initiales autour de serres écologiques. Inquiets face au risque économique, ils avaient jeté l’éponge.


A lire: Migros renonce à cultiver des poivrons chablaisiens


Reprenant l’idée, Migros en a fait le maillon d’une nouvelle politique en phase avec la demande grandissante en produits indigènes. Certes le projet mangeait 20 hectares de terres agricoles, mais il restait dévolu à de la production alimentaire, utilisant un mode de culture hors-sol très peu gourmand en eau et en produits de synthèse, permettant de couvrir quelque 10% de la consommation de poivrons des Helvètes, générant des distances de transport minimes et créant quelque 120 emplois sans concurrencer des maraîchers suisses peu portés sur cette culture. Dans la balance écologique, ces arguments ne pesaient-ils pas un plus lourd que l’impact paysager des serres ou les questions d’aménagement du territoire?

«À toujours vouloir laver plus vert que vert, n’est-on pas en train de passer à côté du but?»

Certaines postures éthiques intransigeantes confinent parfois à l’absurde. Tout en faisant soigneusement l’économie de propositions autres que l’intenable renoncement ou l’impopulaire décroissance. Résultat: pendant que les détracteurs du projet célèbrent son abandon, les caddies continuent de se remplir de piments doux produits en Espagne dans des conditions au minimum discutables, avant d’être acheminés vers nos étals au prix de milliers de kilomètres en camion. À toujours vouloir laver plus vert que vert, n’est-on pas en train de passer à côté du but?

Créé: 25.10.2019, 22h05

Flavienne Wahli Di Matteo, journaliste Vaud et Régions

Articles en relation

Migros renonce à cultiver des poivrons chablaisiens

Collombey-Muraz (VS) Le projet de serres chauffées par les déchets de l’usine Satom n’a pas convaincu la région. Le géant orange jette l’éponge. Plus...

L’ambitieux pari des poivrons verts

L’éditorial Plus...

Migros cultivera des poivrons grâce aux ordures du Chablais

Agriculture Le groupe prévoit la construction de serres agricoles de 20 ha à Collombey-Muraz. Elles permettront la culture de légumes méditerranéens. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.