Le politique se doit d’être transparent

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C’est une bonne nouvelle. Le parlement fédéral ouvre un chantier important en matière de transparence. Il doit élaborer une loi qui interdit aux élus d’accepter des mandats rémunérés en lien avec leur commission. Si tout se passe bien, d’ici à quelques années on ne devrait plus voir de parlementaires qui s’occupent de la santé devenir tout d’un coup administrateurs de caisses maladie ou des députés qui font nos lois environnementales être payés par des entreprises actives dans le pétrole ou l’éolien. Cette pratique a un nom: le «shopping parlementaire». Légale aujourd’hui en Suisse, elle devrait enfin cesser.


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Cette petite révolution est intéressante à plusieurs titres. Elle est portée cette fois-ci par un élu centriste, le PDC valaisan Beat Rieder. Le combat pour la transparence n’est donc plus l’apanage de la gauche. Le conseiller aux États a compris qu’il en allait de la crédibilité des institutions fédérales. Le shopping parlementaire renforce le «tous pourris». Il nuit à la démocratie. Beat Rieder a aussi réussi à convaincre ses pairs que le fait de limiter les mandats n’est pas incompatible avec la politique de milice.

La politique suisse restera une politique de défense des intérêts. Mais le fait que des élus acceptent des mandats rémunérés après être entrés dans des commissions interroge légitimement leur indépendance. Le Valaisan a enfin le mérite de mettre le doigt sur le lieu principal des abus. C’est avant tout dans le domaine de la santé que les tentations sont les plus fortes, avec le résultat que l’on sait: le système est devenu politiquement irréformable.

Le chemin à parcourir est cependant encore long. Le chantier qui va s’ouvrir à Berne témoigne d’un mouvement de fond, qui marquera la décennie à venir. Pour avoir confiance dans le politique, les citoyens ont besoin de davantage de transparence. Ils le disent déjà dans les urnes. Après avoir conquis Fribourg et Schwytz, l’initiative de la Jeunesse socialiste pour la transparence du financement de la vie politique a convaincu les citoyens de Schaffhouse. Un signe qui ne trompe pas. Votes, voyages, invitations, campagnes: le strip-tease intégral serait inefficace, mais des pratiques adaptées de bonne gouvernance sont nécessaires.

Créé: 18.02.2020, 22h03

Lise Bailat, correspondante parlementaire

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