Passer au contenu principal

Le procès UBS n’est pas celui de la Suisse

Accusé, levez-vous! Le secret bancaire suisse fait face au Parquet national financier à Paris. Et par conséquent, la Suisse entière dans l’imaginaire collectif français. Depuis lundi, UBS et sa filiale UBS France, tout comme six autres accusés, comparaissent devant la justice pour «démarchage bancaire ou financier illicite» et «blanchiment aggravé de fraude fiscale». Cette procédure prend déjà des airs de procès politique de la Suisse.

Politique? L’institution qui instruit l’affaire n’est pas anodine. Le Parquet national financier (PNF) a été créé en 2013 par François Hollande suite à l’affaire Cahuzac. Il a traité les cas d’exception comme celui de l’ex-ministre du Budget, ceux de Serge Dassault, de Claude Guéant ou celui en cours de François Fillon. Plusieurs cadors du Barreau français, tel Éric Dupond-Moretti, ont remis en cause sa compétence. Selon eux, la séparation entre les pouvoirs politique et judiciaire serait sujette à caution.

Revenons à UBS. Aux États-Unis, pour les mêmes faits, la banque a échappé aux affres du grand déballage judiciaire avec un accord négocié. Autre pays, autres mœurs… En France, plus qu’ailleurs, où l’on a toujours apprécié les décapitations en place publique, la justice se doit d’être exemplaire et sait user des symboles. Aussi, elle a tout fait pour éviter ce qu’elle considère comme un biais insupportable. Il faut dire qu’UBS et la Suisse sont des méchants idéaux à présenter à la vindicte populaire.

----------

A lire aussi : Quand la fondation Emmaüs vient au secours d’UBS

----------

Reste que la justice doit faire son œuvre. Les responsabilités établies. Mais si les charges contre UBS sont retenues, les sanctions prononcées doivent affecter la seule banque. Et non la Suisse. En effet, le dégât d’image en France risque d’être terrible. Pourtant, depuis l’introduction de l’échange automatique d’informations, le secret bancaire suisse pour les étrangers est bel et bien caduc. Et ce procès UBS est celui des usages bancaires pratiqués il y a dix ans par notre géant des gérants de fortune mondiaux. Notre grand voisin, malgré ses besoins de succès économiques et de victoires fiscales, résistera-t-il à l’envie d’indexer la réputation de notre pays à travers son fleuron bancaire le plus en vue? On le souhaite. UBS n’est pas la Suisse.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.