Passer au contenu principal

Un progrès timide mais un vrai signal

«Je reçois parfois des lettres me disant: «Mon agresseur a été condamné. Et moi?» Il y a un appel des victimes pour que l’on s’occupe aussi d’elles.» Sortant de son costume officiel le temps d’une phrase, la conseillère d’État Béatrice Métraux livre un aperçu des interactions humaines qui forgent aussi l’exercice de la politique. D’humain, il en est beaucoup question en justice restaurative, où la réparation prend le pas sur la punition. Encore très peu usitée en Suisse, cette pratique se répand d’Amérique du Nord en Europe, ouvrant le dialogue entre victimes et condamnés, cherchant de part et d’autre à avancer pour surmonter l’événement traumatique.

----------

Lire aussi:Une prison vaudoise va tester le dialogue entre détenus et victimes

----------

On n’en est pas encore à briser les barreaux et nul n’en a l’intention. Mais en posant un modeste jalon vers ces méthodes novatrices, le Canton de Vaud desserre l’étau de conceptions rigides aux limites connues. Et l’on sent bien qu’il a fallu un certain courage pour «se lancer», selon les termes mêmes de la ministre. Les outils de la justice restaurative sont encore dans des phases exploratoires, leurs résultats sont scientifiquement peu documentés, largement de quoi alimenter la légendaire prudence vaudoise. C’est d’ailleurs avec cette circonspection que le Canton avance, mettant ses pas dans la trace ouverte par d’autres en Suisse, reproduisant le même modèle, s’entourant des mêmes experts.

«Les cheffes vaudoises de la sécurité ont envie d’oser, alors osons saluer ce signal»

On pourrait se borner à critiquer ce manque d’audace, flageller l’institution pour la lenteur de son évolution, regretter l’étroitesse de cette phase test qui n’impactera qu’une poignée de détenus. Mais curieusement, on sent derrière toute cette retenue un enthousiasme réel, l’envie sincère de tenter d’autres choses, d’emprunter avec les Belges, les Canadiens, les Australiens et d’autres un cheminement passionnant vers le cœur de toute procédure judiciaire: l’âme humaine.

Les cheffes vaudoises de la sécurité ont envie d’oser, alors osons saluer ce signal. Et espérer que ce premier test les encouragera à glisser plus qu’un orteil dans ce bassin de nouveautés, pour y plonger résolument.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.